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Emmanuelle Bercot, Hirokazu Kore-Eda, Nanni Moretti: Quels sont les films qui passent le test de Bechdel?

©Jérémie Pudlowski

©Jérémie Pudlowski

Et quels sont donc ceux qui mettent vraiment les personnages féminins en valeur?

On reproche assez au Festival de Cannes de ne pas compter assez de réalisatrices, mais les films eux-mêmes, qu'ils soient réalisés par des hommes ou par des femmes, mettent-ils assez les personnages féminins en valeur? 

Pour l'évaluer, l'une des mesures, évidemment partielle, est le test de Bechdel. Ce «test» consiste à poser à chaque oeuvre trois questions simples: 

  1. le film comporte-t-il au moins deux personnages féminins identifiables par un nom?
  2. Ces deux femmes se parlent-elles entre elles? 
  3. Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme?


Rares sont les films qui réussisent tout à fait le test. Nos meilleurs candidats pour l'instant sont La Tête Haute, Notre petite soeur et Mia Madre.

1.La Tête Hauted'Emmanuelle Bercot

Dans La Tête Haute, Emmanuelle Bercot raconte l'histoire d'un jeune homme qui grandit dans une famille difficile, père absent, mère très jeune et tout à fait irresponsable... Mais gravitent autour de lui plusieurs personnages féminins, identifiables par leurs noms. Notamment une juge pour mineurs, Florence Blaque, incarnée par Catherine Deneuve, et la mère du petit, Séverine, jouée par Sarah Forestier:

Après évidemment, quand elles interagissent, c'est autour d'un homme... Mais il ne s'agit pas d'une discussion autour d'un sujet amoureux puisqu'il s'agit de parler de l'enfant, Malony:

2.Notre petite soeurde Hirokazu Kore-Eda

Grand gagnant, le réalisateur japonais Kore-Eda, qui raconte dans Notre petite soeur l'histoire de trois sœurs: Sachi, Yoshino, et Chika. A l’enterrement de leur père, elles font la rencontre de leur demi-sœur Suzu.

Un film dont Jean-Michel Frodon expliquait sur Slate que «sous les apparences d’une bluette familiale sentimentale, Kore-Eda déploie une interrogation très fine de ce qui fait, avec ou malgré la "réalité" des liens familiaux, les appartenances à une collectivité.»

3.Mia MadreDe Nanni Moretti

Dans son nouveau film, le réalisateur italien, déjà palmé en 2001 pour La Chambre du Fils, raconte l'histoire d'une réalisatrice, Margherita, en plein tournage et en plein doutes artistiques et professionnels. Autre tourment: sa mère, Ada, est à l’hôpital. Les deux femmes sont bien identifiées par des noms distincts, se parlent, et ne se parlent pas d'hommes. Elles parlent d'elles, de la vie. 

Texte CP/ Dessins JP.

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