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Réalisateur, un métier qui «fait appel aux hormones masculines» pour Maïwenn

Maïwenn sur le tournage de «Mon Roi» DR.

Maïwenn sur le tournage de «Mon Roi» DR.

On était passés à côté de cette interview qui fait la une du numéro de mai de Première. Maïwenn, en compétition pour la Palme pour la deuxième fois, cette année pour Mon Roi après avoir présenté il y a quatre ans Polisse, revient sur le tournage de son film précédent, qui lui avait valu le prix du Jury, et sur quelques anecdotes comme le fait qu’elle a voulu «égorger» Julie Gayet parce que cette dernière l’a faite figurer dans son documentaire sur les femmes réalisatrices... Cette citation avait été reprise dans la presse:

«Julie m’avait proposé de participer à son film. Poliment j’avais répondu que je n’avais pas le temps. Puis j’apprends par la presse que je suis dans son docu. Elle avait pris des images ailleurs sans me demander. (…) Je lui ai dit "C’est simple je vais venir t’égorger de mes propres mains si tu ne vires pas ma séquence".»

Mais on comprend mieux que Maïwenn n’ait pas voulu figurer dans ce documentaire sur la place des femmes dans le cinéma quand on sait ce qu’elle pense de cette place et de ce débat plus généralement:

«C’était très important pour moi de ne pas figurer là-dedans, on fait du tort aux femmes en râlant comme ça. Il y a plus de maquilleuses femmes que d’hommes, et alors? Qui s’en émeut? C’est un métier qui fait appel aux hormones masculines, donc il y a simplement plus d’hommes réalisateurs, c’est aussi bête que ça».

Ironiquement, dans une très belle interview accordée par Gérard Depardieu et Isabelle Huppert à Télérama cette semaine, c’est Depardieu qui disait à sa consoeur qu’«être une femme au cinéma, c’est terrible», et qu’il fallait notamment prêter attention à «la misogynie des femmes entre elles».

Une autre comédienne, Bérénice Béjo, avait d’ailleurs lancé en 2012, alors qu’elle était maîtresse de cérémonie, et que se posait déjà le même débat sur l’absence des femmes en compétition:

«Je pense que cette polémique-là est vraiment injuste parce que beaucoup de femmes ont été sélectionnées à Cannes l’année dernière: Maïwenn et Valérie Donzelli [qui n’était pas alors en compétition] on en a beaucoup parlé, elles ont gagné des prix, elles ont une reconnaissance incroyable».

Et elle ajoutait: «Par rapport à la maîtresse de cérémonie, je suis un peu plus conservatrice j’imagine: je pense qu’il y a des choses que les femmes font mieux que les hommes. Il y a beaucoup plus d’infirmières que d’infirmiers».

La peur des quotas

Dans l'interview accordée à Première, Maïwenn va jusqu'à expliquer: 

«Tous les ans on a droit au même débat, c’est insupportable. Dans quelques années on va dire à Thierry Frémaux qu’il n’y a pas assez d’Arabes, pas assez de juifs, et on va faire des quotas?»

La réalisatrice et comédienne peut au moins se rassurer sur une chose, quoi que l’on dise à Thierry Frémaux, il ne semble pas s’en émouvoir outre mesure puisqu’encore cette année, seules deux femmes sont en compétition. 

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