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Sur Twitter, Nicolas Sarkozy a bien choisi les gens à qui il répondait

Impression écran du compte Twitter de Nicolas Sarkozy.

Impression écran du compte Twitter de Nicolas Sarkozy.

L'ancien président de la République a tenu ce vendredi 15 mai 2015 une séance de questions-réponses sur Twitter. Mais il n'a pas vraiment échangé avec le tout-venant. Parmi les heureux élus, on trouve en grande majorité des soutiens de l’UMP et des médias (et son fiston aussi).

Il y a quelques jours, le président de l’UMP Nicolas Sarkozy annonçait sur son compte Twitter qu’il allait tenir le 15 mai 2015 une séance de questions-réponses sur le réseau social. Il invitait toute personne souhaitant l’interroger à lui envoyer un tweet contenant le hashtag #NSDIRECT.

Mais il faut savoir que donner la liberté à des internautes de poser des questions à un ancien président de la République n’est pas un geste sans conséquence. Les trolls ont multipliés les blagues potaches, les moqueries et les critiques. Chose à laquelle s’attendait évidemment l’UMP, si on en croit ce tweet du journaliste Thibaut Pézerat, qui a relayé des messages privés envoyés par le parti des futurs Républicains à ses militants.

Sans compter que Nicolas Sarkozy a annoncé cette séance dès le 13 mai, ce qui a laissé le temps aux supporters comme aux opposants de poster leurs questions et à l’UMP de faire le ménage parmi les 63.000 tweets avec le hashtag #NSDIRECT.

Graphique réalisé avec Topsy

Meeting de campagne

On pouvait légitimement penser que Nicolas Sarkozy n’allait pas répondre à tous les tweets mais, en regardant bien parmi les utilisateurs choisis par le chef de l’UMP et son équipe, on se rend compte d’une chose: l’exercice ressemblait plus à un meeting de campagne qu’à une séance de questions-réponses pour tous.

Dès les premières questions, on peut apercevoir parmi les chanceux, en regardant leur biographie Twitter ou leur compte de manière plus générale, une «sarkozyste» auto-proclamée, des conseillers municipaux UMP de l’Yonne ou de Corse, une professeure retraitée dont le compte s’appelle @sarkoziste, ou tout simplement des adhérents UMP qui sont parfois même suivis par Nicolas Sarkozy. En revanche, quand il a répondu au compte @LesREPUBLICAINS, il ne savait peut-être pas qu’il ne s’agissait pas tant d'un futur soutien que d'un compte adepte de hashtags comme #dediboobs #MercrediSansSoutif ou encore #JeudiQueJeTweeteMaisJeFaisCaca.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy a également souhaité répondre à quelques journalistes et médias, et à des personnes d’autres bords politiques, comme il le ferait dans un débat classique. On l’a vu ainsi répondre à un syndicaliste FO, quelques personnes affichant leur préférence pour le Parti socialiste, et même à un utilisateur dont la photo de profil représente Nicolas Sarkozy derrière les barreaux.

Et s'il a répondu à quelques personnes n'affichant pas d'identité politique partisane, ses réponses s’adressaient d'abord et largement à ses militants.

Humour et détente

Mais ce que la majorité des médias ont retenu, ce sont ses réponses humoristiques et détendues à un fan de football (en le tutoyant) qui lui demandait s’il acceptait d’aller dans l’émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste, ou à un autre qui lui demandait de faire venir Pogba au PSG. Il a également échangé avec la championne de tennis Marion Bartoli ou la navigatrice Maud Fontenoy. Comble du modernisme, il a même répondu avec des emojis à une question posée par le site Buzzfeed France.

Et comment réussir une prise de parole publique sans intervention de la famille? Louis Sarkozy est aussi intervenu dans ce meeting numérique en demandant à son père s’il pouvait avoir une télé plus grande dans sa chambre. Même Cécilia Attias a joué le jeu.

Cet échange se voulant moderne et «connecté» était donc en réalité assez classique: des échanges en majorité avec ses militants, quelques réponses à des journalistes, des blagues, des interventions de «people» et de membres de la famille, mais peu ou pas de réponses sur le fond et sur le programme des futurs Républicains ou les affaires qui nuisent actuellement à l'UMP.

Dans une dernière vidéo postée à la fin de son échange, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir renouveler l’expérience plusieurs fois dans l’année. Mais au vu de la vague de trolls qui a déferlé, de la teneur des échanges, des questions qu’il a sélectionnées et des réponses sibyllines qu'il a souvent formulées, pas sûr que cela arrive de sitôt. 

Les réseaux sont certes devenus des outils de communication politique à part entière mais l'on peut difficilement dire qu'ils aident véritablement à créer un nouveau lien entre la classe politique et les Français.  

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