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Arnaud Desplechin: «J’aime bien quand le monde est pluriel, je le trouve plus sexy»

©Jean-Claude Lother / Why not Productions

©Jean-Claude Lother / Why not Productions

Depuis plus de vingt ans, le cinéaste, qui présente à la Quinzaine des réalisateurs «Trois souvenirs de ma jeunesse», crée des personnages aux identités flottantes. Dans un long entretien, celui qui se dit «mauvais citoyen» nous explique comment il concilie cette identité avec celle de cinéaste.

Trois souvenirs de ma jeunesse commence aujourd’hui. Paul Dédalus, que les cinéphiles connaissent depuis près de vingt ans et Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), vit désormais au Tadjikistan. Il a vieilli à l’allure de Mathieu Amalric et s’apprête à rentrer en France, mais il est arrêté à l’aéroport. Un problème d’identité. Qui est Paul Dédalus?

A un moment du film, il dira, alors qu’on lui pose la question: «Je ne sais plus.» A un autre moment, Dédalus jeune, incarné par Quentin Dolmaire, dira à son amoureuse Esther (Lou Roy Lecollinet): «Un jour j’ai donné mon identité, je ne sais plus si je suis le bon.» A un autre moment encore, il lui dit qu’il ne sait plus, depuis qu’ils s’aiment, ce qui est à elle et ce qui est à lui.


Ce flottement des identités, cette difficulté à se définir et à se situer, cette recherche de soi, parcourt les personnages d'Arnaud Desplechin depuis toujours. Dans La Sentinelle, le héros Mathias Barillet devait par exemple retrouver l’identité d’un mort. Léo, en jouant «Dans la compagnie des hommes», c’est l’histoire d’un homme qui veut échapper aux assignations. Une idée que l’on retrouve dans Rois et Reine, notamment dans ces propos d’Elizabeth (Noémie Lvovsky), quand elle dit à son frère Ismaël (Mathieu Amalric):

«Tu t’es demandé ce que j’en ai à foutre d’être peintre? C’est toi qui veux que je sois peintre! Je gueule comme une idiote mais tu sais que je suis douce comme fille? Je dis ça parce qu’à 8 ans tu as décidé que j’étais véhémente, alors je fais ma véhémente. Mais tu sais quand t’es pas là, quand je vis ma vraie vie, je suis douce!»

Il y a un décalage douloureux entre ce que l’on paraît être, ce que l’on veut être, ce que les autres veulent que l’on soit, notre inscription dans un tissu de liens, et ce que l’on est. C’est la question de l’identité qui parcourt le cinéma d’Arnaud Desplechin, avec une absence de cohérence, rassurante, chez chacun.

A une terrasse, le paquet de Chesterfield sous la main, il explique:

«Ça me semble être une forme d’aliénation mentale que de coïncider avec soi-même, de croire qu’on est soi, d’être persuadé qu’on a un soi bien précieux, qu’il existe, que c’est notre petit patrimoine; qu’on le gère et qu’on est identique à ce qu’on est. Moi je ne cesse de me dissembler. Ça m’est un effort de me ressembler à moi-même, et ce jeu entre moi et moi-même, cette difficulté à coïncider avec moi-même, j’ai l’impression que je suis pas tout seul à être comme ça. J’ai l’impression que tout le monde est comme ça.»

Tout le monde c’est vrai semble avoir du mal à être conforme à ce qu’il est censé être, une femme tout à fait femme, comme dans les magazines, un homme tout à fait viril…

Tout ce qui est universaliste me fait un peu peur

Arnaud Desplechin

Le cinéma de Desplechin défend les aspérités et les bizarreries:

«Moi je préfère voir ce qui n’est pas pareil. La première chose qui m’a intéressé, comme réalisateur de films, c’est quel personnage est juif. Lequel est chrétien. Les personnages sont comme les gens dans la vie, ils disent je suis français, je suis athée. Alors on demande la religion de tes parents, de tes grands-parents. Ce n’est pas vrai qu’on est pareils. Moi je vois plus, surtout aujourd’hui, en quoi nous dissemblons et en quoi ça me semble heureux de dissembler. Tout ce qui est universaliste me fait un peu peur.»

© Jean-Claude Lother /Why not productions

Il y a dans ces propos et dans ses films quelque chose qui résonne étonnamment avec l’actualité. Les angoisses identitaires, le besoin de se définir, la revendication de la différence par certains groupes, les différences entre les groupes religieux (toujours dans les films de Desplechin, des juifs, des catholiques, des antisémites), la question du féminisme, la question du racisme même et de la représentation des noirs par exemple.

Derrière l’étiquette de «drames d’appartement» que ses détracteurs peuvent lui coller, Desplechin tourne des films qui semblent paradoxalement éminemment politiques.

«Je ne suis pas au clair là dessus», dit-il, songeur.

«Moi, je ne suis pas à l’aise dans la société; je suis un mauvais citoyen. Mais je suis un citoyen, au même titre que vous qui allez voter et qui payez votre place de parking; on habite la même ville, on habite le même territoire; et bien sûr ces questions me traversent, bien sûr que ça me passionne, bien sûr que toujours, depuis janvier, les choses me peinent.»

Il en parle spontanément, de «janvier». Il a manifesté le 11 janvier, contre les attentats, défilé parmi les panneaux «Je suis Charlie». Il dit que le livre d’Emmanuel Todd, qui explique que les manifestants du 11 janvier manifestaient dans un entre-soi raciste, le «blesse très fort»:

«Ça me blesse parce que je trouve qu’il ne dit pas la vérité alors que j’ai beaucoup de sympathie politique pour lui, donc ça me fait une grande violence ce qu’il dit. Je n’arrive pas bien à comprendre ce qui se passe et ça m’agite beaucoup ces questions sur la laïcité. Bien sûr que ça m’habite et je ne sais pas comment ça bascule en fiction.»

L'engagement d'Arnaud Desplechin ne s’est pas limité, dans sa vie, à manifester le 11 janvier. Il a par exemple publié une tribune dans Libération lors de l’affaire Leonarda, s’insurgeant contre l’intervention télévisée de François Hollande, lui reprochant «une faute grave»:

«La France se portera-t-elle mieux ou moins bien si la jeune Leonarda Dibrani est expulsée ou non? Comment ose-t-on mettre ainsi en balance une souffrance singulière et l’avenir d’un pays? Ne voit-on pas ici la violence extrême qui est faite à Leonarda, après la violence policière? Un pays tout entier accroché à l’expulsion d’une famille kosovare? C’est obscène.»

A la fin des années 1990, il avait publiquement soutenu Jacqueline Deltombe, accusée d'avoir hébergé un ami zaïrois en situation irrégulière; il avait aussi pris position contre la loi Debré qui permettait notamment la confiscation du passeport des étrangers en situation irrégulière.

Cette forme d’intégrité, d’engagement, se retrouve dans ses films, mais sans qu’ils n’entrent jamais dans des sujets «sociaux», sans qu’ils ne prennent jamais l’apparence que l’on connaît d’habitude aux différents cinémas engagés qu'il s'agisse des Dardenne, de Ken Loach, de Cantet ou encore de Kechiche.

Quand je fabrique le film, je commence à être mauvais citoyen

Arnaud Desplechin

«C’est la part opaque, dit Desplechin. Quand je fabrique le film, je commence à être mauvais citoyen.» Il rappelle qu’il ne vote plus depuis qu’il a eu sa carte professionnelle, tout jeune homme et qu’il s’est mis à «appartenir au cinéma»:

«J’appartenais à ce à quoi j’avais rêvé d’appartenir: même pas au cinéma français! Au cinéma en France. Ça définissait mon engagement. Il prenait une couleur différente de ce qu’il avait été avant, mon engagement c’est dans les films, dans le monde des films».

C’est étonnant, cette manière de ne pas voter mais de prendre la parole, pour Leonarda, pour Jacqueline Deltombe

Arnaud Desplechin répond qu’il a «peu de tolérance pour ces histoires sur les étrangers», ça le «rend malade»:

«Mais je me méfie de l’universalisme et je me méfie énormément de l’altruisme… Je suis catholique, donc le christianisme je m’en méfie beaucoup, sourit-il. Mais dans ma vie privée, quand je me rends compte qu’on demande à Jacqueline Deltombe de dénoncer son compagnon parce qu’il n’a pas de papiers, là ce n’est plus seulement la liberté des gens qui n’ont pas de papiers qu’on attaque, c’est la mienne, c’est mon territoire de citoyen qui diminue. Alors, je peux me battre sans altruisme.

L’affaire Leonarda va aussi contre mes principes. Je n’ai pas voté puisque je suis un mauvais citoyen, mais je suis très soulagé que Hollande ait été élu et cette affaire m'a semblé être une telle insulte à la famille de gauche à laquelle j’appartiens, ça m'a tellement blessé, que la seule forme que j’ai trouvée, c’est un duel: une position orgueilleuse, je me sauve ainsi de l’altruisme.»

© Jean-Claude Lother / Why not productions

Ne pas faire de politique pour les autres, mais pour lui-même. Un engagement égoïste, presque hédoniste.

Représentations politiques

Il dit que c’est par plaisir, par exemple, que les personnages noirs dans ses films ont des rôles d’intellectuels brillants.

Dans Trois souvenirs, Dédalus apprend l’anthropologie avec une sommité: le professeur Béhanzin, jouée par Eve Doe-Bruce.

Dans Rois et Reine, la psychanalyste d’Ismaël, qui porte le nom de Devereux avant le Devereux de Jimmy P., est jouée par Elsa Wolliaston. Quand dans la plupart des films français, les acteurs noirs sont relégués à des rôles caricaturaux souvent dénoncés, de femmes de ménage, de malfrats de banlieue...

«Ce qui me fait de la peine un peu parfois, c’est qu’il y a tout un mouvement d’émancipation et de culture autour du structuralisme et de la fin du structuralisme qu’on oublie un peu. Cette immigration nouvelle plus populaire fait un peu oublier que Paris a été à un moment donné un centre de culture chez les Africains. Comme il y a eu une immigration de pauvreté après, on a oublié tout le moment glorieux des grands intellectuels africains qu’il y a eu en France dans les années 1950, 1960, 1970. Et avant, tous les jazzmen américains qui venaient en France. C’est dommage; les gens ont peu de mémoire.

Mais les écrivains afro-américains habitaient Paris: Chester Himes, James Baldwin, le meilleur écrivain de sa génération, qui a écrit Harlem Quartet... Ça me plaît de payer un hommage à ça. Mais je ne le fais que pour moi, pas pour autrui, parce que je me méfie de l’altruisme.»

J’aime bien quand le monde est pluriel, je le trouve plus sexy.

Arnaud Desplechin

Il dit ça, mais il se reproche de n’avoir pas mis de personnage noir dans Un Conte de Noël:

«Je m’étais juré qu’il y aurait toujours un personnage noir dans mes films. Et sur Un Conte de Noël, sur les histoires de greffe de moelle osseuse, c’était un cauchemar! Je n’ai pas réussi. Parce que c’était une histoire de compatibilité médicale donc j’avais seulement cette bande de caucasiens. J’aime bien quand le monde est pluriel, je le trouve plus sexy.»

Féminisme

Le féminisme dont il fait preuve dans son cinéma, ce n’est pas plus un engagement que quand il donne des rôles valorisants aux acteurs noirs selon lui, toujours son propre plaisir:

«J’essaie de ne pas être angélique. Est-ce que le cinéma est un art féministe par nature? Stanley Cavell le dit un peu. Il dit qu’il y a eu une émancipation des femmes et que l’art qui en était contemporain, qui l’a accompagnée, c’est le cinéma. Cette émancipation, qui est toujours reconduite, on ne saura pas en avoir terminé avec ça. Certains voudraient qu’on ait plus besoin de féminisme puisqu’il y a eu la pilule! Mais si. Parce que l’émancipation de la femme c’est un mouvement, c’est comme une pensée philosophique, c’est une nouvelle pensée de l’être humain et qui nous accompagne tout le temps, qui est toujours reconduite. Il faudra tout le temps répéter ce mouvement.

Et le cinéma est contemporain de ça, par nature, donc sa fonction c’est d’enregistrer ça d’une manière ou d’une autre. Pour autant, Paul Dédalus est parfois un peu misogyne.»

Ce n’est pas le seul: Ismaël dans Rois et Reine explique par exemple à son médecin (Catherine Deneuve) qu’il ne peut pas parler de ses problèmes avec elle, car les femmes n’ont pas d’âme… «Mais en fait, il est confit en admiration d’une autre femme qui n’est pas de la même couleur, pas de la même stature, pas du même âge» –sa psychanalyste, Madame Devereux. «C’est comme ça que je peux lui pardonner d’être misogyne. Mais bien sûr, tout ça c’est à l’œuvre chez moi. Ça me passionne. Je suis féministe, bien sûr.»

Arnaud Desplechin et Summer Phoenix héroïne d'Esther Kahn. DR

A tel point qu’il voudrait savoir écrire des rôles uniquement pour des femmes. Il dit qu'il ne sait pas encore le faire. Mais que les deux fois où il a créé des héroïnes féminines, avec Esther Kahn et Nora Cotterelle dans Rois et Reine, il dit en avoir éprouvé une «très grande joie»:

«Je suis extrêmement admiratif de Lars Von Trier qui arrive à centrer ses films sur des personnages féminins. J’ai encore cette faiblesse –j’espère qu’avec l’âge je vais réussir à m’en départir– d’avoir besoin de personnages masculins amusants pour pouvoir arriver à construire une fiction. Mais ce serait plus fort avec juste des filles, parce que je crois que le cinéma sert à ça, à montrer des femmes, parce que c’est un art moderne et parce que la question moderne, qu’on le veuille ou non, passe par l’émancipation nécessaire et toujours reconduite des femmes. C’est la question du XXe siècle pour moi, l’aspiration à la liberté.»

Dans le féminisme discrètement politique de ses films, Arnaud Desplechin offre même à ses personnages de femmes la possibilité d’être autre chose que la femme de cinéma, très loin des Marylin. Emmanuelle Devos est son héroïne, le visage qu’il a le plus aimé filmer de sa carrière de cinéaste, confiait-il au Monde quelques jours avant notre entretien. Et même quand il filme Deneuve, il filme Deneuve à son âge, qui n’est plus la Deneuve de Belle de Jour, qui est déjà un physique s’écartant des canons cinématographiques:

J'aime les physiques atypiques

Arnaud Desplechin

«J’aime les physiques atypiques. Pour différentes raisons. J’aime les gros yeux parce que ça se filme mieux: Devos, Denicourt, Lou... Ça attrape bien la caméra. Et je n’aime pas les corps normés, mon goût ne me porte pas vers ça. J’essaie de faire des choses dont vous puissiez vous souvenir, que je puisse m’accrocher à quelque chose sur le visage, l’escalader. Si le visage est beau, ça dit la vérité. S’il est laid, ça dit aussi la vérité. S’il est les deux en même temps, ça dit deux fois plus de vérité.»

Desplechin raconte que la première fois qu’il a vue Devos c’était au cinéma, dans un court-métrage de Noémie Lvovsky. Il l’a trouvée «super belle»:

 «Elle était très bonne actrice et très belle, très sexy. Elle a trop de visages. Ça m’agresse et cette agression est super agréable.»

Emmanuelle Devos et Catherine Deneuve dans Rois et Reine

Il cite un vers de Baudelaire qu’il a déjà déclamé plus tôt dans la conversation: 

«Que c'est un dur métier que d'être belle femme,
Et que c'est le travail banal»

Il ouvre le vers:

«J’aime voir la beauté naître, se constituer, pas être donnée acquise comme ça.»

Mais cette recherche d’une beauté différente, d’une esthétique marginale, ce n’est toujours pas en vertu d'un engagement altruiste, pour une libération des femmes par exemple, pour que les spectateurs s’autorisent à voir le beau différemment, pour que les spectatrices se libèrent. Non c’est toujours pour le «plaisir»:

«Ça me fait plaisir. Ce n’est pas politique. Ça m’intéresse sexuellement. Ça me plaît, ça me séduit.»

Lou Roy Lecollinet © Jean-Claude Lother / Why not productions

«Moi je pense qu'on a besoin du cinéma»

La première fois qu’il a vu Lou Roy Lecollinet, Esther dans Trois souvenirs, qui reprend le rôle joué par Devos dans Comment je me suis disputé, elle était au milieu de cent personnes qui attendaient pour le casting. Il l’a vue, «ce visage buté, comme un mur», il l’a désignée à son équipe, et à la fin du casting, c’était toujours elle qu’il voulait.

«Je ne m’étais pas trompé. Mon regard avait buté sur son visage dès le départ.»

Cet engagement doucement ravageur ne ressemble à aucun autre. Il confère une très grande intégrité et une très grande modernité à ses films. Sans jamais avoir besoin de passer par la case du «récit social».

«Je me suis construit contre la société, mes personnages se sont construits contre la société, je ne pense pas que c’est parce qu’on raconte une situation sociale qu’on en apprend plus sur le monde. Si l’accès au réel était aussi simple que la question sociale, on n’aurait pas besoin de faire du cinéma, la télé suffirait. Or, moi je pense qu’on a besoin du cinéma. Il y a une tendance majoritaire à représenter les faits de société et c’est quelque chose dont je ne me sens pas très proche.»

Arnaud Desplechin parle des frères Dardenne, les maîtres reconnus et palmés de ce cinéma social. Il évoque une scène de La Promesse, leur deuxième film, dans laquelle Olivier Gourmet perd ses lunettes. Et Jérémie Rénier lui court autour. Le père est aveuglé et essaie d’attraper son fils:

«J’étais admiratif du film, j’étais fou de joie. Et je me demandais pourquoi ça m’avait autant plu.»

Cette scène où le fils prend les lunettes de son père évoque à Desplechin un passage de L’Odyssée dans lequel Ulysse se retrouve prisonnier avec ses camarades du cyclope Polyphème. Il lui crève les yeux et s’enfuit:

«Chez les Dardenne, c’était le cyclope et Ulysse qui essaie de lui échapper. Et cette image d’une telle puissance mythologique qu’ont inventée les frères Dardenne, ça m’a coupé le souffle. Est-ce que ce que j’adore chez eux c’est la possibilité de refléter des questions sociales? Non, ce que j’adore chez eux c’est la puissance mythologique qu’ils arrivent à donner à leurs images.»

On retrouve chez Desplechin cette puissance mythologique, nichée jusque dans les prénoms de Pénélope, d’Esther ou de Junon… Et les questions sociales nichées dans cette mythologie-là.

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