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Les Grecs cachent leur argent dans les voitures allemandes

Modèle historique de la «coccinelle», reproduite en 2003, à 3.000 exemplaires, dans l'usine de Puebla, au Mexique. REUTERS/Andrew Winning AW/ME

Modèle historique de la «coccinelle», reproduite en 2003, à 3.000 exemplaires, dans l'usine de Puebla, au Mexique. REUTERS/Andrew Winning AW/ME

La peur de la faillite se traduit par l'achat frénétique de biens tangibles.

Depuis l’arrivée au pouvoir en Grèce au début de l’année du parti d'extrême-gauche Syriza et avec la crainte à la fois d’un défaut de paiement et d’une sortie de l’euro, les Grecs qui ont de l’argent -il y en a encore- ont sorti leurs capitaux du pays ou au moins de ses banques. En langage financier cela s’appelle un «bank run» ou une panique bancaire et cela explique notamment que l’économie grecque, qui semblait enfin sortir un peu de son marasme au milieu de l’année dernière, a replongé et vient de retomber en récession. Son Produit intérieur brut (PIB) est en recul de 0,2% au premier trimestre de l’année 2015 après une baisse de 0,4 % au cours des trois derniers mois de 2014. En février, les prévisions de croissance pour la Grèce cette année étaient autour de 2,5%, elles ont été révisées au cours des derniers jours par la Commission européenne à 0,5%.

La fuite des capitaux, la perte de confiance et les incertitudes politiques et économiques ont donc à nouveau ruiné l’activité économique. En tout, les dépôts bancaires ont fondu de 15% depuis le début de l’année et pour le seul mois d’avril 7 milliards d’euros ont encore quitté le pays.

Ce qu’il y a de remarquable, c’est que l’argent que les Grecs de la classe moyenne ont sorti massivement de leurs comptes bancaires -pas les plus riches qui ont mis leurs capitaux à l’étranger et souvent depuis longtemps-, ils ne l’ont pas caché sous leur matelas explique The Telegraph. Signe que les choses vont vraiment mal, ils se sont rués vers des biens tangibles en l’occurrence des voitures de luxe… allemandes. Les ventes d’automobiles neuves ont bondi de 47% en Grèce en avril. Un phénomène comparable à ce qui s’était passé en Russie l’an dernier quand le rouble s’est effondré. A Chypre aussi, durant la crise bancaire de 2013, les citoyens avaient vidé les comptes bancaires et acheté des voitures. Les immatriculations avaient alors augmenté d’un tiers en l’espace de dix mois.

L’ironie de l’histoire c’est que pour un grand nombre de Grecs l’Allemagne porte une part de responsabilité dans leur effondrement économique et financier, mais que les puissantes voitures allemandes font tout de même figure de valeurs refuges.

 

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