Partager cet article

Une interview accordée par Hillary Clinton en 1979 refait surface

Hillary Clinton interview from 1979

We found this very rare interview with Hillary Rodham, filmed in 1979. The deeply-personal interview is perhaps the oldest and longest video of the young Hillary Clinton.

Posted by BuzzFeed Politics on mardi 12 mai 2015

À l'époque épouse du gouverneur de l'Arkansas, Hillary Rodham (qui ne se fait pas encore appeler Clinton) fait ses premiers pas à la télévision.

Il y a trente-six ans, Hillary Rodham Clinton appartenait déjà à la scène politique américaine. L’actuelle favorite dans la course à l’investiture du Parti démocrate pour la présidentielle de 2016 tenait en 1979 un rôle plus discret cependant: épouse du gouverneur de l’Arkansas, Bill Clinton, élu en 1978.

Un peu raide mais capable de bons mots, aux prises avec l’équation insoluble consistant à faire la part de la vie privée et de la vie publique, la future First Lady, ici âgée de 33 ans, a déjà les traits qu’on lui connaît aujourd’hui. Pour s’en apercevoir, il suffit de jeter un œil à cette interview enregistrée en 1979 pour l’émission In Focus de la télévision de l’État de l’Arkansas, exhumée par BuzzFeed.

«Je pense que quiconque veut être un personnage public doit d’abord accepter de voir sa vie privée réduite en partie, car vous devez être disponible pour les gens.»

Ce constat, subtilement amer, Hillary Clinton le fait dès le début de l’interview. Pourtant, elle assure sur ce plateau, joliment dépouillé, composé uniquement de deux chaises de bois séparées par une table de jardin, le tout posé sur un tapis vert: «non, non, non, je n’ai pas repensé à deux fois avant d’accepter d’accompagner la carrière politique» de Bill Clinton.

Car, à l’époque, son image de citadine et le couple atypique qu’elle forme avec son mari soulèvent quelques questions sur sa capacité à se couler dans le rôle de femme du gouverneur de l’Arkansas, État du sud des États-Unis réputé conservateur.

Boulet urbain

Le journaliste amène la question de manière détournée d’abord:

«On ne vous imagine pas prendre du plaisir à assister à des dîners officiels, cocktails et garden-parties?»

La réponse convenue de la future sénatrice («Oh si si, tout m'intéresse») ne le convainc pas et l’animateur remarque que, bien souvent, les nouveaux-venus en Arkansas perçoivent la population locale comme «totalement non progressiste». On appréciera la manière délicate de l’interroger pour savoir si elle considère les électeurs comme des ploucs. L’enfant de Chicago et diplômée de la prestigieuse université de Yale répond que «ça dépend de ce que vous entendez par progrès”. Si, le progrès, c’est de mener votre ville à la faillite, de voir le taux de criminalité augmenter au point que les gens ne sortent plus de chez eux ou si, le progrès, c’est vivre dans une ville où on ne peut même plus respirer, tant mieux si nous ne sommes pas des progressistes ici».

Mais Hillary Clinton n’a pas fini de traîner son image urbaine comme un boulet. En 1979, il ne faut d'ailleurs pas l’appeler «Hillary Clinton», mais «Rodham» car elle a choisi de garder son nom de jeune fille. Pendant la campagne électorale, le rival républicain de Bill Clinton ne manquait pas une occasion de souligner cette marque de sophistication en présentant sa femme sous le nom de «madame Frank White».

Hillary Rodham explique sa position:

«J’ai exercé comme avocate, j’ai travaillé à Boston et Washington et publié des articles […] et, comme je veux le continuer à le faire, j’ai choisi de garder mon nom pour ne pas mélanger mes activités professionnelles et les activités politiques de mon mari.»

Plus de trois décennies plus tard, Hillary Clinton est toujours en activité, mais pas en tant qu’avocate. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte