Partager cet article

Une exécution avec un canon anti-aérien, comment ça marche?

Kim Jong-un, le 6 août 2014. Photo transmise par l'agence nord-coréenne. REUTERS/KCNA

Kim Jong-un, le 6 août 2014. Photo transmise par l'agence nord-coréenne. REUTERS/KCNA

Kim Jong-un a utilisé une arme lourde pour exécuter un de ses ministres... parce qu'il s’était endormi lors d'un défilé.

Mercredi 13 mai, les services de renseignements sud-coréens ont fait savoir que Kim Jong-un a fait exécuter son ministre de la Défense à l’aide d’un canon anti-aérien sur un champ de tir. Ce dernier était accusé d’avoir «sommeillé lors de défilés militaires, ce qui pourrait être le signe d'une instabilité du régime», note l’AFP.

Au-delà de l’image d’un dictateur impitoyable véhiculée par cette exécution, on peut se demander comment tout cela se passe.

Début mai, le Telegraph relayait une image satellite étonnante publiée dans un rapport du comité pour les droits de l’homme en Corée du Nord (HRNK) et décryptée par la compagnie américaine AllSource Analysis.

Image de la scène d'exécution (via le HRNK)

Prise le 7 octobre 2014, on y distingue un camp d’entraînement situé à environ 24 kilomètres au nord de Pyongyang. Mais quand on regarde plus en détail, on peut voir, selon le HRNK, des canons anti-aériens ZPU-4 pointés vers des cibles. Le ZPU-4 est un canon anti-aérien de fabrication russe comprenant quatre canons capables de tirer 150 coups par minute et dont les munitions peuvent pénétrer 32 mm d’armure en métal, selon le site armyrecognition.com.

 Le ZPU-4 (via Wikimédia)

Le rapport du HRNK explique que «placer six ZPU-4 pour tirer horizontalement sur des cibles situées à 30 mètres devant n’aurait pas d’utilité d’un point de vue militaire».

Greg Scarlatiou, du HRNK, ajoute qu’on peut aussi distinguer des bus ayant amené des officiels ou des VIP, signe selon lui qu’ils sont venus assister à une exécution d’une rare violence:

«N’importe quelle personne connaissant les dommages provoqués par un seul tir de calibre .50 sur le corps va frémir en tentant d’imaginer ce que 24 canons lourds peuvent faire aux êtres humains. Les corps seraient pulvérisés. La violence d’un tel acte pourrait faire passer la formule “une punition cruelle et inhabituelle” pour un véritable euphémisme.»

Ce genre d’exécution n’est pas nouveau. En 2013, le New York Times expliquait que deux lieutenants et plusieurs artistes avaient déjà été exécutés de cette façon, le but proclamé étant de montrer la puissance de Kim Jong-un dans un contexte de purges entamées en 2009. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte