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L'inventeur de l'appareil photo numérique doit se justifier de l'existence des selfies

Selfie stick  | César via Flickr CC License by

Selfie stick | César via Flickr CC License by

Le selfie n'est pas une conséquence directe de l'invention de l'appareil photo numérique. Et pourtant son créateur est tenu pour responsable de cette pratique.

Steve Sasson est l’inventeur du premier appareil photo numérique. Un modèle de Kodak qui ressemble à un gros appareil photo Polaroïd, dont le prototype a été créé en 1975 et avec lequel Sasson a pris la première photo numérique de l’histoire en décembre de la même année. À l’époque, il estimait qu’il ne faudrait pas plus de deux décennies pour que cette technologie révolutionnaire se banalise, ce qui fut le cas.

Or cet inventeur génial est confronté selon le Washington Post à un effet secondaire de sa notoriété: «on me tient pour responsable des selfies», se confie-t-il... Lorsqu’il participe à des tables rondes ou à des débats publics, explique l’auteur de l’article, Steve Sasson se voit sommé de répondre dès la première question à cette conséquence indirecte et tardive de son invention.

Le selfie, autoportrait numérique pris avec un smartphone tenu à bout de bras, a mauvaise presse depuis les origines, nous renvoyant à l’abîme de narcissisme dans lequel nous feraient sombrer les technologies nouvelles, entraînant et décuplant nos penchants pour l’autocélébration et notre anxiété du jugement extérieur...

Au selfie classique ont succédé au fil des inventions et de l'imagination des gens des variantes encore plus conspuées, comme le selfie fixé à une perche (aussi appelé «selfie stick»), redoutable instrument qui s’est imposé à une vitesse fulgurante dans tous les hauts lieu du tourisme de masse. Sans même parler des dronies, ces selfies réalisés à l’aide d’un drone qui tournoie autour de vous, des selfies aftersex, qui consistent à se photographier après un rapport sexuel, des selfies d'ados aux obsèques de leurs grand-parents ou encore à Auschwitz lors d'une visite scolaire.

Matt McFarland, le journaliste du Washington Post, avait déjà publié une archive photographique du musée de la ville de New York datant de 1920, sur laquelle on pouvait voir le photographe anglais Joseph Bryon et d’autres hommes sur le toit d'un immeuble tenir à bout de bras un énorme appareil photo d’époque pour réaliser leur autoportrait de groupe. Une manière d'invalider la thèse de ceux qui prophétisent la fin de la civilisation sur la base de la popularité du selfie.

Le photographe était d’ailleurs grand amateur du format, comme en témoigne cet incroyable selfie en grand angle:

Source: wikimedia.

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