Monde / Sciences

Deux scientifiques qui étudiaient la fonte des glaces disparaissent dans l'Arctique

Temps de lecture : 2 min

Marc Cornelissen et Philip de Roo | Cold Facts
Marc Cornelissen et Philip de Roo | Cold Facts

Les scientifiques néerlandais Marc Cornelissen et Philip de Roo, partis en expédition pour mesurer l'épaisseur de la glace dans l'Arctique canadien, ont disparu fin avril. Ils travaillaient pour l'organisation Cold Facts, qui organise des expéditions de mesure de la calotte glacière dans l'Arctique.

Le 28 avril, les deux explorateurs avaient enregistré un message audio, posté sur le site Soundcloud. Ils expliquaient qu'il faisait tellement chaud qu'ils avaient fait du ski en sous-vêtements.


«Heureusement que vous n'avez pas de photos. Je crois que ce n'était pas super sexy. Mais c'était le seul moyen de gérer la chaleur. C'était incroyable. Il devait faire zéro degré ou moins trois ou cinq –quelque chose comme ça.»

Un jour après ces commentaires, Marc Cornelissen et Philip de Roo ont envoyé un message de détresse, et le 8 mai, la police canadienne a annoncé avoir retrouvé un corps, non encore identifié.

Les deux explorateurs étaient partis de la baie de Resolute et leur destination était l'île de Bathurst, à plus de 100 km de là.

Dans le blog DotEarth du New York Times, le journaliste Andrew Revkin explique qu'en quelques heures, la glace de l'océan Arctique peut se déplacer, et des trous dangereux se forment rapidement.

Fin mars, la Nasa avait annoncé que la surface de la banquise arctique était la plus petite jamais enregistrée.

Selon Mark Drinkwater, scientifique de l'ESA et collaborateur de longue date de Marc Cornelissen, «l'un d'eux a brisé la glace, et il semble que l'autre est allé l'aider et a subi le même sort, en tombant à travers», comme il l'explique à EENews. La faute au réchauffement climatique?

«Le fait que la glace est mince dans la région est évident. Peut-être que la glace a été affinée par les courants d'eau chaude des océans, ou par le vent, qui peut créer des zones sans glace. C'est difficile de savoir. Le réchauffement climatique a peut-être joué un rôle, mais peut être pas. L'Arctique se réchauffe plus vite que n'importe quelle autre région sur Terre, mais les impacts du réchauffement sur l'épaisseur de la glace est imprévisible.»

Les amis des deux scientifiques, cités par EENews, insistent pour dire qu'ils n'étaient pas amateurs de sensations fortes, qu'ils étaient des aventuriers, certes, mais expérimentés et au service de la science, et que s'ils avaient su que l'endroit était dangereux, ils n'y seraient pas allés.

Les mesures qu'étaient en train de prendre les deux scientifiques disparus sont cruciales car elles permettent de compléter et valider les données obtenues via satellite ou avec des avions équipés de capteurs.

«Pour obtenir la mesure la plus exacte de l'épaisseur de la glace et de la neige, il faut être sur place, percer un trou dans la glace et le mesurer directement» explique au New York Times Bruce Elder, un scientifique qui avait travaillé avec Marc Cornelissen.

Slate.fr

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