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Pour dénoncer l'oppression postcoloniale, un Amérindien écrit sa thèse sans ponctuation

What? Véronique Debord-Lazaro via FlickrCC License by

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Patrick Stewart est un architecte de la nation Nisga'a au Canada, connu pour ses bâtiments qui s'inspirent des traditions architecturales amérindiennes.

Mais il est désormais surtout connu pour avoir réussi à faire valider sa thèse de doctorat écrite sans aucune ponctuation: pas de virgule, pas de point, pas de majuscule et pas de paragraphe visible. Le National Post rapporte que sur 149 pages, il y a tout de même un ou deux points d'interrogation.

Patrick Stewart explique sa démarche dans l'introduction de sa thèse:

«pour me défendre je dois dire que mon style d'écriture ne vient pas d'une certaine paresse ou d'un manque de connaissance de la langue anglaise c'est une forme de résistance grammaticale déconstructionniste»

Il compare ensuite sa liberté de ton avec celle du poète américain E.E. Cummings, connu pour son approche expérimentale de la ponctuation.

Au départ, Patrick Stewart, qui a 61 ans, avait écrit la première version de sa thèse d'architecture, intitulée «L'architecture indigène à travers le savoir indigène» en langue Nisga'a, mais un professeur de l'Université de Colombie Britannique a mis son veto.

Le doctorant est alors revenu avec une traduction «poétique» et quelques concessions aux universitaires: chaque chapitre commence par un court résumé en anglais académique.

Patrick Stewart a expliqué à la presse qu'avec ce projet, il voulait dénoncer une forme d'oppression postcoloniale de la culture amérindienne, ainsi que «l'acceptation aveugle des conventions de la langue anglaise dans le monde universitaire».

Son directeur de thèse, affilié au programme des «Indigenous studies» de l'université, a dit que superviser ce projet avait été une «expérience très intéressante». Mais il admet que pour d'autres professeurs, ce travail a été vu comme «provocateur, presque choquant et il a fallu beaucoup d'efforts pour défendre cette approche».

Quant à Patrick Stewart, il a l'air de savourer sa revanche contre le système grammatical: 

«Je considère ce texte comme une seule phrase très longue, du début à la fin. Et puis, les documents officiels de l'université ne précisent pas que la ponctuation est obligatoire.»

 

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