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L'égalité entre hommes et femmes passe par le partage de la to-do-list

REUTERS/China Photos

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Dans un article publié pour Slate, sur le poids de la maternité et le silence de ses souffrances, Béatrice Kammerer, blogueuse et maman, expliquait à quel point il est tabou pour une femme de se plaindre de la maternité, surtout si son compagnon l'aide dans les tâches domestiques. 

«Alors quoi, il sort les poubelles, ne laisse pas traîner ses chaussettes sales, prend des journées enfant malade, est ok pour se mettre à temps partiel quand tu sors de congé maternité, s’occupe du linge, se lève la nuit quand les mômes appellent, sait laver les chiottes, maîtrise les pâtes bolo et engueule la CAF quand il t’appelle Mme Prénomdumari NomduMari et tu trouves encore le moyen de te plaindre??? 

Hé oui, parce qu’il reste tout le travail invisible du parent-par-défaut, celui que personne ne connait ni ne reconnait.»

C'est ce «travail invisible» qu'explore l'auteure  dans le New York Times, dans un article intitulé: «la mère: l'angoissée désignée». Parce qu'au-delà de toutes les tâches domestiques, la mère est le plus souvent, dans les couples hétérosexuels, la personne qui prend en charge l'inquiétude, le besoin de savoir que tout se passera bien. Shulevitz écrit: 

«J'aimerais pouvoir dire que les pères et les mères s'inquiètent autant l'un que l'autre. Mais ce n'est pas le cas. Oubliez ce que vous disent vos couples d'amis qui ont chacun une carrière et prétendent être à 50/50. Les études sociologiques menées sur les couples hétérosexuels de toutes les strates de la société confirment, et très largement, que ce sont les mères qui écrivent les to-do listes tandis que les pères piochent dedans. Et qu'une femme aime ou déteste tout ce travail d'inquiétude, cela peut altérer sa concentration dans son emploi, la disperser, voire liquider ses options de carrière. La routine chronophage qui consiste à tout appréhender et organiser est peut-être l'un des obstacles les plus difficiles à écarter pour que les femmes accèdent à l'égalité au travail.

L'article note plusieurs exemples frappants, plusieurs études, ont par exemple une date de 2008, réalisée par les sociologues Annette Lareau et Elliot B. Weininger, et qui montre que ce sont les mères qui réalisent toutes les tâches qui permettent aux enfants d'aller à la danse ou au théâtre: le transport bien sûr, mais aussi les recherches sur Internet en amont, l'acha des tenues et équipements nécessaires, faire les sandwichs qu'il faut avoir préparé pour les activités etc.

Les chercheurs ont notamment remarqué, lors de cette étude, une corrélation entre le salaire des mères et l'activité des enfants: plus ces derniers en ont, moins les mères sont payées. Une telle corrélation n'a pas été trouvée pour les pères.

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