Économie / Monde

Electricité: une compagnie allemande a signé un contrat avec la Syrie de Bachar el-Assad

Temps de lecture : 2 min

Signe des temps qui changent ou manœuvre médiatique, le régime de Bachar el-Assad a signé un mémorandum d'entente avec une société allemande pour la construction d'une centrale électrique en Syrie.

À Damas, le 21 juin 2011. REUTERS/Khaled al-Hariri.
À Damas, le 21 juin 2011. REUTERS/Khaled al-Hariri.

Après l'annonce par le secrétaire d'État américain, John Kerry, le 15 mars, de la disposition de son pays à négocier avec Bachar el-Assad, suivie, début avril, de déclarations tunisiennes laissant penser à un dégel des relations diplomatiques avec Damas, et de la récente «déferlante» médiatique, notamment l'entretien de France 2 avec l'un des dictateurs jusque-là des plus infréquentables, le secteur privé semble emboîter le pas.

Une société allemande a, en effet, signé début avril un protocole d'entente avec le gouvernement syrien pour la construction d'une centrale électrique dans le pays, ravagé par quatre ans de guerre, rapporte The Syria Report (sur abonnement).

Le 2 avril, Richard Wagner, directeur général de Power International, spécialisée dans l'énergie et basée à Bleckede, à moins de 100 km de Hambourg, a conclu un accord avec Damas pour livrer une usine de 360 ​​mégawatts (MW) qui serait alimentée au gaz, précise la publication, selon laquelle aucun détail sur l'emplacement, le coût, le financement ou le calendrier de livraison n'a été communiqué.

Il s'agit d'un «cas très rare», sinon le seul depuis 2011, précise The Syria Report.

Les sanctions européennes, qui concernent notamment le secteur financier, n'interdisent pas de manière explicite les investissements dans le secteur de l'énergie ou des contrats avec le gouvernement syrien. The Syria Report s'interroge néanmoins sur l'utilité du projet, face à «l'absence de pénurie» énergétique (en termes de capacité potentielle de production, non d'alimentation en gaz ou en fioul, qui se fait désormais rare), ainsi que sur la capacité financière des autorités syriennes, et la portée médiatique de l'accord, aussi bien du côté du régime que de celui de la société.

Le régime syrien a bénéficié ces dernières années de plusieurs aides substantielles, notamment en provenance de son allié iranien, qui a ouvert deux lignes de crédit d'un total de 4 milliards de dollars depuis le début du conflit.

Ce mémorundum d'entente intervient au moment où un décret présidentiel, signé le 3 mai, autorise, pour la première fois depuis plus de quarante ans, la privatisation de la gestion des villes syriennes. Cela devrait paver la voie à l'entrée de nouvelles sociétés privées sur le marché, et déblayer le terrain, par ailleurs, pour le lancement de l'éventuel chantier de reconstruction, en cas d'arrêt permanent des hostilités.

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Le conflit en Syrie a déjà occasionné des pertes abyssales, qui pourraient atteindre 240 milliards de dollars d'ici la fin de l'année, selon une étude de la commission économique des Nations unies pour l'Asie de l'Ouest (Cesao).

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