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Vu de l'étranger, le vote de la loi renseignement est le début d'une surveillance de masse

Les détails du vote sur le projet de loi sur le renseignement, le 5 mai 2015. REUTERS/Christian Hartmann

Les détails du vote sur le projet de loi sur le renseignement, le 5 mai 2015. REUTERS/Christian Hartmann

Il aura fallu tout juste quelques minutes pour que le New York Times envoie une alerte.

«Le projet de loi adopté par l'Assemblée nationale donne de vastes pouvoirs aux services de renseignement.»

L'Assemblée nationale a effectivement adopté en fin d'après-midi le projet de loi sur le renseignement à une très large majorité. Seuls 86 députés –de tout bord– ont voté contre le texte.

Dans son article publié dans la foulée du vote, le quotidien américain explique ainsi:

«Alors que les Français poussent pour étendre largement la collecte de données, le Congrès américain fait le chemin inverse et cherche à réduire l'accès de la NSA aux données présentes sur Internet.»

Certains parlementaires américains cherchent en effet un moyen de réduire les pouvoirs de la NSA, à la suite des révélations d'Edward Snowden de juin 2013 et de l'existence du programme de surveillance de masse, PRISM. En novembre dernier, les sénateurs avaient pourtant refusé «une timide réforme de la NSA», comme la qualifiait alors Le Monde.

Pour revenir au projet de loi sur le renseignement, la majorité des titres anglophones évoquent la surveillance de masseLe Financial Times estime ainsi que les députés français «soutiennent un projet de loi de surveillance de masse controversé». Le titre de Bloomberg Business est, lui, sans équivoque, et mentionne dans son titre que «le Patriot à la Française [en français dans le texte] est adopté malgré la montée de l'opposition».

Le site américain fait référence aux nombreuses critiques et inquiétudes des opposants au projet de loi.

«Les répercussions des révélations de 2013 sur la surveillance de masse des autorités américaines, et la mauvaise réputation du Patriot Act de George W. Bush se sont également ajoutées à la controverse.»

Comme nous l'avions écrit en avril dernier, les critiques émises à l'encontre du Patriot Act par le sénateur américain Russ Feingold sont similaires à celles des opposants au projet de loi français. Mais les défenseurs de ce projet continuent d'assurer que ces critiques et cette comparaison ne sont pas pertinentes: Le Guardian rappelle ainsi que pour Manuel Valls, une comparaison entre les deux textes était même «mensongère».

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