Partager cet article

Manifestations du 11 janvier: qui était (vraiment) Charlie?

"Je suis Charlie" / Dominic Alves via Flickr CC License By

"Je suis Charlie" / Dominic Alves via Flickr CC License By

Alors que l’omniprésent et critiqué Emmanuel Todd assimile les manifestants à des anti-républicains islamophobes, un autre essai publié par la Fondation Jean-Jaurès se concentre sur les milieux populaires qui n’ont pas manifesté. Deux analyses qui se complètent sur certains points, s’opposent sur d’autres.

Monsieur «fracture sociale» a réussi son coup: rendre la lecture et la critique de son dernier essai incontournables. L’inspirateur de la formule choc devenue slogan de campagne victorieuse de Jacques Chirac en 1995 –qu’on doit en réalité à Marcel Gauchet–, punch-liner en cascade plus prolifique qu’un Booba («La France de Marx et celle de Jésus»; le pavillon perçu comme «un abri anti-mondialisation»; le «catholicisme zombie», sur lequel on reviendra), démographe prospectiviste (il avait prévu l’effondrement de l’Union soviétique sans jamais y avoir mis les pieds, selon la légende), intellectuel inclassable –historien, sociologue, démographe, etc.– devenu la coqueluche avec Jacques Sapir des eurosceptiques russophiles, bref, Emmanuel Todd, publie un bref essai, Qui est Charlie? Sociologie d'une crise religieuse. Et confirme son génie pour accaparer l'attention d'un milieu médiatico-intello qu'il semble pourtant dédaigner.

Il noircit en ce début du mois de mai les colonnes de L’Obs, ferraille avec Joffrin dans Libé, manque quitter la matinale de Patrick Cohen... Spectacle garanti pour la thèse la plus blasphématoire et contre-intuitive entendue depuis les attentats de janvier: la France qui a manifesté le 11, dite France-qui-est-Charlie, est la partie la plus aisée mais aussi la plus bloquée et réactionnaire du pays et sa motivation était principalement de critiquer la partie la plus pauvre et faible, les musulmans, tout en se prêtant à une démonstration de son pouvoir social et économique au mépris des classes populaires dans leur ensemble:

«Il s’agissait avant tout d’affirmer un pouvoir social, une domination, objectif atteint en défilant en masse, derrière son gouvernement et sous le contrôle de sa police.»

La géographie de Charlie

Un dimanche matin de février, un ami parisien m’a lâché pour plaisanter: «Tiens, et si on allait bruncher avec tous les “Je suis Charlie”» du quartier?» Pour imprécise qu’elle soit, la formule bien sentie est un bon résumé de la sociologie des manifestations du 11 janvier 2015, et nul doute qu’Emmanuel Todd l’aurait reprise à son compte.

Une France qu’on s’imagine plutôt intégrée professionnellement et socialement, qui lit la presse et s’informe sur le monde, qui voyage et vit plutôt dans les grandes agglomérations. Une classe moyenne et supérieure urbaine, étudiante, fraîchement diplômée ou active, se mêlant dans les cortèges à des actifs plus âgés ou retraités qui ont été de toutes les manifs, de mai 1968 à décembre 1995 et qui, bien sûr, étaient tous sous le choc le 21 avril 2002 et l'ont exprimé bruyamment. Mais aussi une France du «oui» à l’Europe (référendums de Maastricht en 1992 et TCE en 1995), européiste convaincue en dépit du sacrifice d’une partie des travailleurs à la rigueur budgétaire. Une France que Todd, dans un nouvel accès de créativité acronymique, vient de baptiser les MAZ: «classes Moyennes, personnes Âgées, catholiques Zombies».

Avant de se pencher sur cette énigmatique histoire de zombification de la France, rappelons que le constat initial de Todd, celui qu'existent des fractures derrière l'image d'une France unanime le 11 janvier, est tout sauf neuf. Dès janvier 2015, l’Ifop publiait une note sur la répartition géographique des manifestants français, calculant un taux de mobilisation par commune. Premier constat, la France qui est Charlie est bien le négatif de la carte du FN: dans les 130 communes étudiées, le taux de mobilisation du 11 janvier est d’autant plus élevé que le score de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012 est faible. Les grandes villes où vivent les cadres (Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Grenoble) et le Grand-Ouest sont en pointe, là où la France industrielle du nord-est et celle du littoral méditerranéen sont en retrait.

Plus la couleur est «chaude», plus le taux de mobilisation a été important dans les villes présentées sur la carte. Cela permet d'annuler l'effet de leur taille. Source: Ifop, janvier 2015, «Marche républicaine "pour Charlie": des disparités de mobilisation lourdes de sens».

On ne saurait se limiter toutefois à une analyse opposant simplement les grandes métropoles et les communes moyennes et petites dans la mesure où, à taille égale, les taux de mobilisation divergent profondément entre Lille et Bordeaux ou entre Le Mans et Clermont. Constat vérifié en comparant les villes universitaires et leurs voisines de taille comparable (Rennes/Nantes, Nancy/Metz, Rouen/Le Havre, Tours/Le Mans).

Grenoble contre Hénin-Beaumont

Conclusion lucide de Jérôme Fourquet, de l’Ifop, dès janvier, rappelons-le:

«S’opposent ainsi une France qui a “décroché” et qui ne s’est pas identifiée outre mesure à ce combat et une France qui va mieux, qui regarde plus positivement l’avenir et qui s’est beaucoup plus mobilisée.»

S’il fallait condenser ces résultats en une opposition symbolique, ce serait celle entre Grenoble, commune du plus fort taux de mobilisation, et Hénin-Beaumont, taux le plus faible. D’un côté, une ville étudiante dynamique, tournée vers les secteurs de l’économie de la connaissance, seule grande ville conquise par les Verts aux municipales, brillant par ses pratiques sociales innovantes et sa vigueur associative; de l’autre, la seule commune gagnée par le FN au premier tour des mêmes municipales, une ville populaire frappée par la désindustrialisation et minée par la corruption de ses élus.

On remarque donc qu’est descendue dans la rue la France la plus et la mieux intégrée. Pas dans le sens où on reproche à d’autres de «ne pas s’intégrer», mais dans le sens d’une intégration décrite par le sociologue Serge Paugam, qui implique plusieurs types de liens sociaux: familiaux et affectifs, mais aussi professionnels et civiques.

Ce n’est donc pas un hasard si la France séduite par le FN, celle de l’abstention mais aussi celle qui s’était mobilisée pour dire «non» en 2005 lors du référendum sur la Constitution européenne, était absente des cortèges du 11.


Source: Qui est Charlie? Sociologie d'une crise religieuse, Emmanuel Todd (Le Seuil). Carte de Philippe Laforgue.

The Walking Dead: France des intégrés ou «effet catholique zombie»?

Si Emmanuel Todd ne récuse pas ce diagnostic –taux de mobilisation faible dans les villes ouvrières, «citadelles des cadres» en tête de cortège–, c’est pour lui une autre variable prépondérante qui se détache de l’analyse de la France-Charlie. Le fameux «catholicisme zombie», concept qui lui permet d’accréditer sa thèse contre-intuitive d’une France-Charlie islamophobe et inégalitaire.

Qu’est-ce que ce catholicisme zombie? Née avec Le Mystère français, écrit avec le démographe Hervé Le Bras, cette notion désigne l'impact persistant du catholicisme dans les régions où il était traditionnellement fort, même quand la pratique religieuse s'y est effondrée. Une «subculture catholique périphérique», écrit-il encore dans Qui est Charlie?, avec le sens inimitable de la formule qu'on lui (re)connaît, qui continue à jouer un rôle dans les orientations politiques, l’organisation sociale (place des femmes en particulier, moins nombreuses à y être actives) et l’éducation (avec une plus grande réussite scolaire dans les bastions «zombifiés»).

«Avec une grande exactitude, les régions catholiques sont celles où la préférence pour des études longues est la plus marquée, écrivaient Todd et Le Bras. Les bastions du catholicisme, dans l’Ouest, l’Est, la région Rhône-Alpes, le sud du Massif central et les Pyrénées-Atlantiques, apparaissent tous comme des pôles de développement éducatif.»

Alors que le cœur laïc du pays, dont les zones du nord-est et le littoral méditerranéen, souffrait plus du chômage, ces zones zombifiées accumulaient les indicateurs encourageants. Comment l’expliquer? «La survivance de disciplines sociales venues des enseignements de l’Église –stabilité familiale, coopération locale, moralité anti-individualiste–» constitue des «couches protectrices dans une société néo-capitaliste rongée par l’isolement des individus, l’égoïsme ou, pire, le narcissisme de masse». Encadrant mieux les hommes, tolérant mieux aussi l’inégalité, ce qu’expriment leurs structures familiales, les zones décrites sont plus conciliantes avec le capitalisme, expliquant selon l’auteur leur bonne santé au moment où les régions égalitaires souffrent. Deuxième explication, «l’effondrement du contrôle clérical des consciences» lors de la phase de déchristianisation tardive aurait «libéré les énergies et engendré un sentiment d’optimisme».

Mais le phénomène le plus surprenant, c’est que cette zombification se soit traduite par «un glissement vers la gauche de l’électorat catholique de droite».

Le duo Le Bras et Todd avait bouleversé avec son Mystère français l’analyse électorale de ces dernières années: la gauche, contre toute attente, avait gagné en 2012 grâce au gain de voix des régions anciennement catholiques, en meilleure santé économique, sociale et morale, qui avaient basculé, alors que le cœur républicain se détournait du projet social-libéral et regardait de plus en plus vers le FN.

«Lorsque nous en fîmes la découverte, nous fûmes d’abord sensibles à la face positive du phénomène: la meilleure réussite des régions de tradition catholique», écrit Todd dans Qui est Charlie? Dans son entretien publié par L’Obs, il admet s’être détourné de son optimisme initial:

«Notre illusion fondamentale, notre erreur à tous, ça a été alors de se dire que c’était la gauche qui avait conquis les régions catholiques, au moment même où c’étaient les régions catholiques qui faisaient en réalité la conquête de la gauche.»

L'égalitarisme familial (traitement égal des enfants) + l'«irréligion» donnent ce score global d'égalité calculé par Emmanuel Todd. Source: Qui est Charlie? Sociologie d'une crise religieuse, Emmanuel Todd (Le Seuil). Carte de Philippe Laforgue.

Reste à l’auteur à nous convaincre que c’est ce qui s’est joué à Paris, exception et «mystère» selon lui puisque «le tempérament égalitaire parisien» ne cadre pas du tout avec l’analyse d’ensemble de l’ouvrage, et que le Bassin parisien n’a pas sa place sur la carte du catholicisme zombie.

L’exception est donc balayée par Todd, qui nous explique que les caractéristiques particulières de la région parisienne (très haut niveau d'éducation et de diplôme, surreprésentation des cadres) annulent en quelque sorte l’effet anthropologique qui est pourtant la thèse centrale de son essai. Il faut dire que les classes supérieures ne sont pas toutes originaires du catholicisme zombie, et Todd doit alors concéder que leur goût de l’inégalité est plus lié à leur statut social qu’à leur inconscient anthropologique.

Détermination de classe et détermination anthropologique ou culturaliste sont ainsi tour à tour et, selon les besoins du moment, invoquées par Todd pour unifier son propos et justifier son rejet, celui des Charlie.

Catholiques zombies et «MAZ» défilant le 11 janvier pour défendre le droit à insulter le prophète de l'islam

Pendant ce temps-là, dans la France populaire...

Les problèmes qui surgissent à la lecture de l’essai de Todd, enlevé et inventif comme toujours, sont innombrables. On en citera seulement deux.

Comme le fait remarquer le démographe François Héran dans Libération, Todd se réclame de la sociologie de Max Weber mais rechigne à interroger les acteurs sur le sens qu’ils attribuent à leur comportement, et fait exactement le contraire:

«Il fait parler leur inconscient via des “systèmes anthropologiques latents” attachés au territoire de résidence, qui détermineraient leurs choix à travers les siècles.»

Deuxième problème de méthode: l’asymétrie entre, d’une part, des juifs et des musulmans à juste titre décrits comme des groupes essentialisés et mis abusivement tous dans le même sac, et des «catholiques zombies» traités eux comme un groupe homogène –y compris, pourrait-on ajouter, à l’insu de leur plein gré...

Un essai publié au même moment par la Fondation Jean-Jaurès, signé de Jérôme Fourquet, qui avait déjà réalisé pour l’Ifop les cartes de la mobilisation, et Alain Mergier, sociologue et sémiologue, vient ici à point nommé pour compléter mais aussi contredire les conclusions toddiennes.

Intitulée Janvier 2015: Le catalyseur, l’étude, qui mêle les données d’études d’opinion et l’analyse d’entretiens qualitatifs avec des membres des classes populaires qui n’ont 1/ pas manifesté, 2/ n’ont pas de lien biographique avec le monde musulman, est beaucoup moins normative que l’analyse de Todd, mais non moins pertinente et préoccupante dans ses constats.

Loin, très loin de l'élan bienveillant et sympathique des manifs du 11 janvier, les témoins interrogés par Alain Mergier voient leur diagnostic pessimiste confirmé par les attentats: «Ces attentats ne surprennent pas», «Moi, je n’étais pas surpris» (sous-entendu: contrairement aux médias et aux bobos).

La population interrogée, bien loin de la surprise, semble voir dans les attentats la confirmation de ce qui se passe dans le pays depuis déjà longtemps: les événements leur semblent «en continuité avec le diagnostic qu’ils avaient de la société». Un diagnostic qui entremêle dans une construction articulée les crises des banlieue, les actes terroristes sur le sol français, les événements géopolitiques liés au monde arabo-musulman et à l’islam politique hors des frontières et, bien sûr, la place de l’islam au sein de la société française. Ce qui peut expliquer l'absence d'une brusque hausse des sentiments d'inquiétude vis-à-vis de l'islam et du terrorisme dans la France post-Charlie: les niveaux y étaient déjà très élevés, avec notamment les agressions de Joué-les-Tours et de Dijon en décembre 2014, moins d'un mois avant les attentats des 7, 8 et 9 janvier.

En dépit d’un jugement mesuré sur les connaissances ou voisins immigrés ou de leurs enfants, et malgré les faits qui contredisent la thèse d’une menace globale (à commencer par la présence de Français d’origine maghrébine ou africaine, certains musulmans, parmi les victimes des Merah et Kouachi), la mise en récit et en système de ces différentes séquences (banlieues, terrorisme, islam, islamisme) finit par jeter un «soupçon généralisé sur toute la population d’origine, même lointaine, immigrée». Une véritable idéologie se fait jour, articulant à la fois ces craintes face à l’islam et le sentiment de dépossession dans la sphère économique liée à la mondialisation, de sorte que les différents registres de l’insécurité (physique, socio-économique, culturel) se combinent en un système cohérent.

Les auteurs se penchent de manière originale sur la carte de la propagation de la «rumeur du 93» ou encore sur les votes FN dans des villes d'immigration importante (Creil, Aulnay-sous-Bois) en fonction de la répartition des prénoms arabo-musulmans, montrant la structuration du vote en fonction d'un clivage ethnique.

Avec l'ancrage de ce système de pensée dans la France d'en bas, préviennent les auteurs, la lutte contre la progression du FN passe moins que jamais par sa (re)diabolisation, car Marine Le Pen n'est plus celle qui donne le ton, mais simplement une responsable politique à la remorque des événements, qui n'a pratiquement plus rien à faire pour alimenter une machine électorale qui lui profite comme mécaniquement.

«Je suis Charlie»: une révolte des élites?

Mais notre Emmanuel Todd, là encore, ne voit pas tout à fait les choses ainsi. Car c'est bien simple, pour lui, la France-Charlie n'est point le rempart, certes élitiste et parfois donneur de leçons, contre les haines, mais bien au contraire... son principal agent propagateur!

Les manifestations du 11 janvier révèlent selon lui un «néo-républicanisme d’exclusion», clamant les valeurs de la République mais qui tolère dans les faits les inégalités sociales et ethniques. Les Charlie, les MAZ, seraient des «xénophobes différencialistes», c’est-à-dire qu’ils maquilleraient par leurs discours tolérants sur le droit à la différence une volonté de ne pas se mélanger et de ne pas intégrer.

À l’inverse, les classes populaires se confronteraient aux différences concrètes avec les immigrés et affirmeraient haut et fort leur rejet, tout en étant universalistes et égalitaires de tradition, ce qui expliquerait un taux important de mariage mixte en même temps que ce discours net de rejet. Il y aurait «l’arabophobie, populaire et égalitaire dans sa motivation» et «l’islamophobie, bourgeoise inégalitaire».

C’est par cette ultime figure de gymnastique intellectuelle que Todd va sauver ce qui se présente à nous comme une contradiction manifeste: une France se disant de gauche qu’il accuse d’islamophobie et une France populaire tentée par le FN qu’il veut à tout prix absoudre de ses penchants xénophobes.

Les analyses concordent sur un point, central: le 11 janvier a confirmé plutôt que révélé un double clivage politique français qui a une dimension verticale (le peuple contre sa partie la mieux socialement intégrée) et horizontale (des classes populaires de plus en plus divisées en sous-groupes en fonction de leur origine ethnique). Les classes populaires autochtones voient leurs inquiétudes vis-à-vis de celles qui descendent de l’immigration confirmées par les événements de janvier. Leur colère contre des élites jugées naïves face à l’islam et méprisantes à leur égard se maintient à un niveau très élevé.

Au même moment, selon Todd, ces classes populaires d’origine maghrébine sont prises en étau par deux autres France. Celle qu’on vient d’évoquer mais surtout l’autre, bienveillante en surface et qui était Charlie, comme ce PS qui lui «parle d’intégration, [mais qui] a choisi, par sa politique économique, de réaliser la ségrégation». Des Charlie-MAZ-Zombies se voient accoler un «substrat différentialiste inconscient qui ne tient pas tellement à ce que les enfants d’arabes, de noirs et de juifs deviennent des citoyens comme les autres, et qui se sent intellectuellement légitimé quand il voit des beurs terroristes, des noirs qui font du rap et des juifs qui portent la kippa».

Ce jeu à trois forme un triangle dont le côté supérieur, Charlie, chercherait à se détacher de la base, les deux côtés inférieurs. Lesquels se regardent en chiens de faïence, trop préoccupés par une guerre des perdants pour se situer dans une logique de classe qui leur montrerait qu'ils ont plus d'intérêts que de divergences en commun...

Pour paraphraser la carte réalisée par Hervé Le Bras et Emmanuel Todd il y a trente ans, qui opposait la France religieuse à la France communiste, la question n'est plus «Marx ou Jésus», mais... «Marx ou Charlie».

Un jeu à trois, donc, avec au moins deux camps perdants.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte