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Des soldats israéliens révèlent les instructions qu’on leur a données pour combattre à Gaza

Des Palestiniens perchés sur les ruines d'une maisons que Tsahal aurait détruite dans le cadre de l'opération «Bordure protectrice», le 8 juillet 2014 | REUTERS/Mohammed Salem

Des Palestiniens perchés sur les ruines d'une maisons que Tsahal aurait détruite dans le cadre de l'opération «Bordure protectrice», le 8 juillet 2014 | REUTERS/Mohammed Salem

Les comportements inappropriés de la part des forces israéliennes reflètent les ordres donnés aux combattants de Tsahal.

L’organisation israélienne Breaking The Silence, qui recueille et publie des témoignages de soldats de Tsahal sur les conflits qui ont émaillé la région depuis la Seconde Intifada en 2000, vient de sortir un nouveau rapport de 240 pages. On peut y lire les témoignages d’une soixantaine de soldats ayant pris part à l’opération «Bordure protectrice», qui s’est déroulée dans la bande de Gaza en juillet et août 2014 et a fait plus de 2.100 victimes du côté palestinien et 72 du côté israélien.

Les auteurs du rapport soulignent l’importance des consignes données aux soldats, apparemment très permissives:

«Si les témoignages évoquent des descriptions de comportements inappropriés de la part de soldats sur le terrain, le constat le plus perturbant est qu’ils reflètent les ordres systématiques dictés à l’IDF [l'armée israélienne], peu importe le rang ou la zone.» 

«Pas de règles d'engagement»

Le Washington Post relaie certains de ces témoignages, qui évoquent notamment un libre arbitre laissé aux soldats.

«Il n’y avait pas de règles d’engagement, raconte un sergent d’infanterie. Si vous voyez quelqu’un dans cette zone, cette personne est un terroriste. Dans ce contexte, c’était simple. Ils m’ont dit qu’ils avaient eu des renseignements, qu’il n’y avait pratiquement plus de civils dans la zone et que, si quelqu’un venait vers nous, c’était un terroriste.»

Un autre soldat ajoute:

«Je ne dirais pas qu’ils tiraient sur tout ce qui bouge, mais ils n’avaient pas non plus besoin d’autorisation [pour tirer].»

D’autres membres de l’armée évoquent les méthodes d’attaques souvent excessives et très peu soucieuses des civils.

«Disons que la cible était un vice-commandant de bataillon dans Shujaiyah, raconte l’un d’entre eux, une attaque aurait été lancée si le nombre de civils n’était pas trop élevé. Et par pas trop élevé, je veux dire un nombre à deux chiffres.»

Un autre explique avoir «tiré toute la journée sans but», incapable de repérer les membres du Hamas:

«Vous n’avez aucune idée de ce qui se passe et, à cause de ça, votre nature humaine vous pousse à être effrayé et encore plus sur la défensive, donc vous tirez de façon excessive.»

Le journal américain explique également que le porte-parole des forces de défense israéliennes a refusé de revenir sur le détail du rapport. Selon ce dernier, Breaking The Silence refuse de partager des informations avec Tsahal, ce qui empêcherait «une réponse appropriée et, si nécessaire, une enquête» et montre, selui lui, que l’organisation, «contrairement à ses revendications, n’agit pas avec l’intention de corriger les mauvais agissements qu’elle prétend dévoiler».

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