Partager cet article

Pam Geller, Robert Spencer... Ces noms derrière le concours de caricatures de Mahomet au Texas

La blogueuse politique Pamela Geller au concours de caricatures de Mahomet | REUTERS/ Mike Stone

La blogueuse politique Pamela Geller au concours de caricatures de Mahomet | REUTERS/ Mike Stone

Les organisateurs du concours américain de dessins autour de Mahomet qui a eu lieu dimanche 3 mai sont coutumiers de ce genre d'événements.

Au terme d’un concours de dessins autour de Mahomet, organisé à Garland, au Texas, deux hommes ont ouvert le feu sur le parking proche de l'enceinte où était organisé l’événement. Ils ont blessé un agent de sécurité avant d’être abattus par la police. Cette compétition, qui suscitait la polémique depuis quelques jours aux États-Unis, sent d’autant plus le soufre.

Les associations de musulmans américains ont, avant comme après la fusillade, défendu le droit des organisateurs à mettre en place cet événement, au nom de la liberté d’expression, tout en exprimant leur exaspération à leur égard.  Apparemment, les créateurs du concours leur sont familiers, à eux comme à de nombreux Américains.

Faits d'armes

Au premier rang des organisateurs du «Muhammad art exhibit and contest», on aperçoit Pamela Geller, une blogueuse qui se présentait en 2012 comme une militante «anti-Djihad» mais pas islamophobe, même si elle estime que l’islam est «l’idéologie la plus extrême et la plus radicale de la surface de la Terre ». L'humoriste Dean Obeidallah, dans la tribune du The Daily Beast mentionnée plus haut, fait ce commentaire à son propos:

«Elle est tellement au-dessus du lot au niveau de la haine contre les musulmans qu’on en fait des blagues dans notre communauté.»

À la fois chroniqueuse et activiste, Pamela Geller est sur tous les fronts depuis des années. Elle a cumulé de nombreux faits d’armes: parmi ces derniers, son site met à son actif la découverte de «posts antisémites» sur la page officielle de Barack Obama. Un portrait paru dans le Washington Post rappelle qu'elle a aussi mené les protestations contre la construction d’un centre islamique près de Ground Zero. Elle s’affirme aussi comme une partisane résolue de la politique israélienne.

C’est après la tuerie de Charlie Hebdo du 7 janvier qu’elle a décidé de monter cette action à Garland autour de caricatures ayant le prophète de l’islam comme thème unique. La compétition aurait servi à départager 350 dessins.

«Votre Djihad, c’est quoi?»

L’écrivain Robert Spencer était à ses côtés sur l’estrade dimanche. Il a cofondé avec elle American Freedom Defense Initiative (AFDI), aussi connue sous le nom Stop Islamization of America (SIOA). Ce mouvement parrainait le concours.

Toujours dans les bons coups, l’AFDI de Pam Geller et Robert Spencer est aussi à l’origine d'une curieuse campagne publicitaire dans le métro new-yorkais. L’association y affiche des posters aux messages ironiques et incendiaires tels que celui-ci: «Tuer des juifs, c’est adorer et se rapprocher d’Allah», une déclaration attribuée à Hamas TV, à laquelle s’ajoute «C’est son djihad à lui, le vôtre, c’est quoi?». La justice vient de débouter la régie du métro new-yorkais, qui s’opposait à ces pubs d’un nouveau genre.

La sponsorisation du concours par l’AFDI et le SIOA a un côté très lucratif. Le vainqueur du concours, Bosch Fawstin, un musulman «repenti» a remporté un prix doté de 12.500 dollars.

Les organisateurs avaient également un invité européen: le député néerlandais de tendance nationaliste, Geert Wilders. En 2008, le leader du Parti pour la Liberté, qui juge que «l’idéologie islamique est une idéologie fasciste», avait illustré ses positions très critiques à l’égard de l’islam et du Coran par la réalisation d’un court-métrage intitulé Fitna

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte