Partager cet article

Blur: l'interview promo de «The Magic Whip» remixée

Blur

À l'occasion de la sortie de «The Magic Whip», le groupe britannique se retrouve à répondre à de nombreuses questions similaires. Slate vous évite d'avoir à tout lire grâce à la «méta-interview».

Il est là. Douze ans après «Think Tank», les fans de Blur tiennent donc un nouvel album du groupe britannique, «The Magic Whip».

Et même si vous ne connaissiez pas Blur, ou plutôt n'y aviez jamais fait attention, il vous aura été difficile de passer ces dernières semaines sans tomber sur une des multiples interviews que les quatre membres du groupe ont accordées aux différents magazines et sites de musique.

 

 

À Slate, comme nous l'avions fait avec Cécilia Attias, nous avons donc décidé de voir ce que pourrait donner –en cinq questions– une interview en reprenant les propos prononcés dans neuf médias: GQ, Les Inrocks, BFM, France Inter, The Quietus, Le Grand Journal, Rolling Stone, The Guardian, et Libération.

Vous pouvez aussi appuyer sur le joli bouton ci-dessous pour faire apparaître et disparaître toutes les couleurs d'un coup.

Comment est né cet album?

Damon Albarn: On était tous très occupés à faire d’autres choses. La genèse de ce disque a été un miracle de bien des façons. [...] Ce disque est arrivé vite, par accident.

Graham Coxon: Ça a commencé parce que le producteur a foiré. On a donc passé cinq jours dans ce studio pourri à Hong Kong. La surcharge de travail de Damon et ma très mauvaise éthique professionnelle ne pouvaient plus nous empêcher de travailler ensemble. Et on a joué cinq heures par jour. 

Damon Albarn: Être en vase clos nous a permis de nous retrouver. Il n’y avait pas de pression, personne ne savait qu’on enregistrait un nouvel album. En quelque sorte, c’était vraiment invisible pour tout le monde, même nos proches n’étaient pas au courant. Sur le coup, nous n’avons pas mesuré qu’il se passait un truc aussi intense, aussi collectif. Ça faisait vraiment du bien de nous retrouver tous les quatre, sans enjeu, sans but, dans un petit studio bordélique. On venait chaque matin en métro, on restait enfermés dix heures dans cette étuve et on rentrait se coucher.

Graham Coxon: On a joué, joué jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus. Et on a bu beaucoup de thé vert.

De quand datent ces morceaux?

Damon Albarn: Aucune chanson n’était vraiment écrite, mais j’avais des bouts de chansons sur GarageBand, dont la plupart sont présents sur le disque. C’est assez drôle de penser que Blur a fini par pondre un disque bourré de GarageBand. 

Graham Coxon: J’étais arrivé en studio avec la carcasse de chansons enregistrées avec les sons programmés du logiciel GarageBand. Plein de ces sons bruts, minimaux, ont d’ailleurs fini sur l’album. C’est très amusant de mélanger un son de guitare programmé avec celui d’une vraie guitare: le dialogue entre ces deux cousins très éloignés est passionnant.

Damon Albarn: J’ai plein de merdes que je garde comme ça sur mon ordi. J’ai joué ce que j’avais dessus aux autres. Et on a travaillé dessus pendant cinq jours. Mais, on jouait comme ça venait. À la fin, on avait quatorze heures d’enregistrement. J’ai trouvé qu’on n'avait pas fait d’album depuis longtemps, et puis voilà. La suite de l’histoire, c’est Graham.

Comment s’est passé la collaboration avec Stephen Street, votre producteur historique? 

Graham Coxon: J’étais à la maison, je m’ennuyais, pendant que la Terre entière faisait des trucs cool. Et je me suis dit que ce serait pas mal de prendre Stephen Street et tout ce qu’on avait fait à Hong Kong et de tenter d’en faire quelque chose. Ce qui est bien avec Steve, c’est qu’il peut mettre de côté sa sensibilité propre pour nous donner une image nette et froide de nos enregistrements. Et c’est l’homme le plus digne de confiance que je connaisse. Damon n’est pas pareil, il n’est pas aussi poli. Il va vous dire “C’est de la merde”, s’il n’aime pas, ou “Graham, tu as fait de la merde avec mon morceau, c’est quoi le problème?”. Il n’est pas timide. Blur fonctionne de manière assez hiérarchique et je ne savais pas trop ce que je pouvais faire. Mais Damon était assez enthousiaste à l'idée de me laisser les enregistrements et le soulager de ce poids sur ses épaules. Mais je devais penser à lui à chaque petit changement.

Damon Albarn: Moi, j’étais très sceptique à l’idée de retravailler avec Stephen. Mais Graham avait vraiment besoin de lui pour éditer, mettre en ordre nos heures de bandes. Certaines chansons duraient une demi-heure! Stephen est même venu pendant que j’enregistrais mes parties de chant, ce qui m’a contrarié –ça faisait des siècles que nous n’avions plus travaillé ensemble. Et puis, à l’arrivée, j’ai été enchanté. Quand je pense à Graham et Stephen coincés dans une pièce pendant un mois, à faire de la magie… et quand j’ai entendu tout ce qu’ils avaient modifié, j’ai été stupéfait. Sidéré. Sortir un super album de tout ce bazar qui était sorti de nos têtes, j’étais complètement… [pause] Chapeau à eux, c’est tout ce que j’essaie de dire.

Pourquoi ce titre de «The Magic Whip»? 

Graham Coxon: Je ne sais pas grand-chose de ce concept, il sort tout droit des ruminations de Damon et… il fallait construire un concept. Puisqu’ils nous demandent ce que nous avons fait, nous devons élaborer une sorte d’histoire, qu’ensuite nous répétons, encore et encore. Pour moi, ce disque est surtout le symbole d’un succès, d’une fulgurance créative et collective qui est toujours là. Il fallait voir si la magie était encore là.

Damon Albarn: Magic Whip, c’était un feu d’artifice que j’ai acheté pour Noël. Ca s’appelait comme ça. Et puis je me suis dit que c’était super comme nom. Ça veut dire tellement de choses. En anglais, dire «magic whip», c’est à la fois innocent et ambigu. C’est un peu effrayant, aussi. Ce qui est amusant, c’est qu’en mandarin, il n’y a pas autant de nuances: le fouet magique, c’est un fouet magique, sans plus. The Magic Whip, c’est une métaphore pour le contrôle –cela veut dire différentes choses à différents moments. C’est un disque assez politique. Il y a des références aux derniers jours du régime de Pyongyang, les manifestations dans la Happy Valley… Si vous réunissez les paroles, vous obtiendrez comme un patchwork, une mosaïque, qui retranscrit toutes ces sensations d’Extrême-Orient.

On vous ramène souvent à la britpop. Vous le vivez comment? 

Graham Coxon: Ce sont des titres qui ont défini complètement le groupe. J’aime bien les jouer encore. C’est sympa.

Damon Albarn: Ça fait longtemps. On y était, c’est sûr. Et on y a sûrement pensé à certains moments. Après, il faut savoir vivre dans son époque. Profiter de chaque instant sans céder à la nostalgie. Mais, ça m’exaspère quand je vois qu’il suffit que je porte mon costume de Blur pour que, soudain, tout le reste disparaisse. C’est injuste de me limiter à la britpop… Mais qu’est-ce que je peux y faire?

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte