Science & santé

Nous avons un point commun avec les chauves-souris (et ce n'est pas Batman)

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 04.05.2015 à 12 h 33

Repéré sur EurekAlert, Newser, Frontiers of Neuroscience

Comme pour nous, les deux hémisphères du cerveau de la chauve-souris sont sollicités pour l'écoute.

Frio River Bats in Concan, TX / Mike Boudreaux via FlickrCC License by

Frio River Bats in Concan, TX / Mike Boudreaux via FlickrCC License by

Plusieurs chercheurs viennent de publier le détail d’une étude assez étonnante dans la revue Frontiers of Neuroscience. Selon eux, les hommes et les Pteronotus parnellii, une espèce de chauves-souris américaine, partagent une caractéristique unique: l'analyse des sons est prise en charge par les deux hémisphères de leur cerveau. C’est-à-dire que le côté gauche traite les sons les plus rapides en fréquence et le côté droit s’occupe de l’analyse des sons les plus lents. Une caractéristique commune qui varie selon le sexe de la chauve-souris, tout comme chez les humains: les mâles ont une asymétrie plus importante, alors que les femelles utilisent presque autant les deux hémisphères. 

Il faut noter ici que l’homme ne partage cette particularité avec aucune autre espèce, comme le relève le site EurekAlert, pas mêmes les singes, avec qui nous partageons pourtant plus de 90% de gènes en commun. Stuart Washington, membre de l’équipe et neuroscientifique à Georgetown, explique l’importance de cette différence chez l’homme:

«Le timing plus lent de l’hémisphère droit peut nous permettre d’identifier qui parle, de jauger son état émotionnel selon le ton de voix et de démêler la voix du reste de la musique dans une chanson, ce qui peut être important quand il s’agit de coordonner les activités d’un groupe de gens et, au final, amener vers la formation de cultures. On comprend mieux pourquoi les hommes ont eu besoin de faire évoluer cette asymétrie de leur cerveau.»

Cette différence est également primordiale chez les chauves-souris, bien plus sociables que les humains, qui peuvent ainsi distinguer les différentes communications dont les changements de fréquence sont très rapides. «Les chauves-souris ont aussi besoin de l’hémisphère droit pour utiliser le sonar, qui permet de détecter les petites variations de fréquence, pour percevoir la vitesse des insectes qu’elles traquent et mangent», ajoute Stuart Washington.

Les résultats de cette étude devraient permettre, si l’on en croit l’équipe de chercheurs, d’améliorer la reconnaissance vocale des ordinateurs et de mieux comprendre les troubles du langage. Une bonne nouvelle pour l’Homme, mais peut-être une mauvaise pour le Pteronotus parnellii. Comme l’explique le site Newser, les potentielles découvertes sur les troubles du langage ouvrent la porte à de nouveaux tests scientifiques, qui ne sont autorisés «que sur les animaux»...

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