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Ce que François Hollande ne verra pas à Cuba

A La Havane, fin septembre 2014. REUTERS/Stringer.

A La Havane, fin septembre 2014. REUTERS/Stringer.

Le président de la République sera à La Havane le 11 mai, pour la première visite d’un chef d’État français à Cuba. Prenant de vitesse ses homologues nord-américains ou européens, il veut faire un coup politique, et commercial. Une visite que l’on peut juger habile ou ridicule.

La Havane (Cuba)

Le lundi 11 mai, François Hollande arrivera à La Havane. Pour la première fois depuis la révolution de 1959, un chef d’État français –un chef d’État occidental, même– sera en visite officielle dans la capitale cubaine. Il sera accueilli avec les honneurs dus à son rang par le «jeune» frère de Fidel Castro, Raúl, qui est, à 83 ans, le «nouveau» président de Cuba. Il y aura des fanfares, des drapeaux français dans les rues et de belles américaines étincelantes, ces voitures des années 1950 restées ici en service.

Plaza de la Revolución, le chef de l’État français pourra admirer le portrait géant de Che Guevara, sur 30 mètres de haut, réalisé à partir de la photo mythique d’Alberto Korda. Dans les rues de Habana Vieja, le quartier historique, il jettera un œil sur les splendides palaces rococo de l’ancienne aristocratie cubaine qui croulent sous les stucs. Plaza de Armas, il pourra feuilleter des livres cultes sur Fidel et le Che, des romans progressistes d’Hemingway et de Garcia Marquez. S’il a le temps, il pourra même visiter le musée de la Révolution où, salle après salle, toute la légende castriste est immortalisée pour l’éternité: le couteau de Fidel dans la Sierra Maestra; sa gourde et sa boussole; un béret du Che; un poste de radio de l’époque; les premiers numéros de Granma, le journal de la révolution castriste. Sur la route de l’aéroport, depuis les vitres teintées de sa voiture officielle, il pourra apercevoir en repartant, après quelques heures d’un voyage éclair, les portraits géants de Castro et de Guevara, accompagnés de beaux slogans répétés à l’infini qui l’émouvront: «Viva la revolución», «Viva Fidel», «Patria o muerte» ou «¡Socialismo hoy, mañana, y siempre!»

Comme la plupart des touristes qui affluent actuellement ici, il sera, en fin de compte, heureux d’avoir vu Cuba avant que l’île ne se transforme peut-être, la soupe de haricots noirs, les plantains et le cafecito faisant place aux Starbucks et aux McDonald’s, et les casas particulares ou habitaciones à Airbnb, qui vient d’annoncer disposer de 1.000 offres de logements à Cuba. Car depuis que Barack Obama et Raúl Castro ont engagé des pourparlers pour normaliser les relations entre La Havane et Washington, les gauchistes du monde entier, les gouvernements vénézuéliens, boliviens, équatoriens et nicaraguayens, les tour operators plus encore, redoutent la fin de l’exception cubaine.

Et si François Hollande était inquiet, lui aussi, de la possible chute de ce dernier mur de Berlin? On lui a décrit, bien sûr, la pauvreté de l’île, l’absence de liberté de presse, l’autoritarisme politique des frères Castro mais, comme beaucoup, il se dit sans doute que la révolution castriste reste un symbole. Un symbole utile. L’échec économique est évident, il le sait, mais le régime a fait ses preuves, malgré tout, pour imaginer une société plus juste, avec même quelques fragiles succès, claironnés partout sans preuves: un modèle de santé gratuite et un système éducatif efficace pour tous. Et c’est pourquoi, ce lundi 11 mai, ce président socialiste sera ici, à La Havane. Il n’a pas voulu laisser Obama rafler, seul, la mise. Il a choisi de doubler les autres responsables européens, et notamment les Espagnols, qui ont pourtant des liens autrement plus conséquents avec Cuba que les Français. Hollande va se précipiter à Cuba pour être là avant les autres.

«Son of a bitch»

A la Havane, ce jeudi 30 avril, à l’angle de la Calle J et de l’avenue Calzada, dans le quartier de Vedado, des groupes de soldats attendent. Leurs habits sont vert foncé et ils portent des gants blancs. Ils rigolent et s’amusent à draguer les filles qui passent. Soudain, un ordre s’abat sur eux, venu de je ne sais quel officier: en l’espace de quelques secondes, ils se rangent par trois, impeccablement ordonnés, et se mettent à défiler. Les seize premiers forment une fanfare, avec trompettes, clarinettes et grosses caisses; les autres suivent, fusils à la main, baïonnettes levées. L’avenue Calzada est fermée à la circulation mais les passants ne prêtent guère attention à ce défilé banal.

On est à la veille du 1er mai. «Nous faisons une dernière répétition pour préparer le défilé des travailleurs qui aura lieu demain sur la Plaza de la Revolución», me dit un officier. Celui-ci marche à côté de ses troupes pour un dernier contrôle avant la cérémonie officielle du lendemain. Il observe le pas des soldats, veille aux fausses notes, apprécie la distance entre les hommes: «Un bras maximum», me dit-il. Sur son épaule, je remarque l’écusson de l’Unidad de Ceremonias, une unité spéciale du Ministère de l’Intérieur.

Osvaldo[*], un étudiant qui m’accompagne, et qui fait partie du département d’informatique de l’université de La Havane, les regarde, consterné. Il vient lui-même de finir son service militaire obligatoire –un très mauvais souvenir– et il se moque discrètement de cette «parade de pacotille». Je l’interroge longuement sur Cuba, sur son université et sur l’armée –«le dernier mythe encore à peu près debout du système cubain». Et, lorsque je mentionne le nom de Castro, Osvaldo me répond, sans hésiter: «Son of a bitch».

Pour la plupart des Cubains que j’ai rencontrés depuis mon arrivée à La Havane cette semaine, et lors de mes précédents voyages dans l'île, en 2010 et 2014, Castro est en effet devenu, sentiment très partagé et qui s’applique indistinctement à Fidel comme à Raúl, un «son of a bitch». Un «fils de pute» que François Hollande va se précipiter de rencontrer.

Osvaldo, lui, n’a qu’un rêve: déboulonner les statues de Castro et de Che Guevara, comme d’autres étudiants ont mis à terre celles de Lénine et de Ceaucescu. Pourquoi une telle haine anti-Castro, désormais largement répandue sur l’île, et que les Cubains n’ont même plus peur d’afficher?

La situation économique du pays n’est pas seulement désastreuse,
c’est l’idée même de la révolution cubaine qui a lamentablement échoué

Osvaldo

«La situation économique du pays n’est pas seulement désastreuse, c’est l’idée même de la révolution cubaine qui a lamentablement échoué», me dit Osvaldo. Il n’en reste que des slogans révolutionnaires usés jusqu’à la corde. Le rêve castriste se termine en dictature absurde et anachronique.

Le socialisme castriste aurait pu échouer sans emporter avec lui l’idée de révolution. Mais à cause d’un égo démesuré, un culte de la personnalité obsessionnel, un refus du pluralisme et de l’alternance, même cantonnée au sein du parti communiste, Fidel Castro n’a jamais voulu adapter son idéologie obsolète aux réalités. Comme dans une martingale, cet anti-américain maladif a toujours misé le double de sa perte: alors que Cuba était déjà en faillite dans les années 1980, il a financé les guérillas d’Amérique latine, patronné toutes sortes de terroristes, joué avec certains cartels de la drogue, dès lors que ça pouvait nuire aux gringos des États-Unis. Face au désastre économique, cet homme sénile aurait encore pu faire évoluer son pays dans les années 2000 sur le modèle chinois, vietnamien ou même russe. En privilégiant le développement, en redonnant des terres aux paysans et des outils aux artisans, en laissant faire les petits entrepreneurs, le pays aurait pu revivre, tout en conservant son parti unique, sa presse muselée et son internet censuré. Au lieu de quoi, Cuba est devenu l’une des pires dictatures au monde et l’idée de révolution a été laminée par une nomenklatura castriste égoïste et un népotisme d’un autre temps.

Au pouvoir désormais, Raúl Castro connaît mieux que quiconque, lui l’homme des services secrets et des assassinats politiques, le retard abyssal que Cuba a pris dans son développement. A son corps défendant, il a bien tenté de libéraliser en douceur quelques secteurs économiques, mais ses propres contradictions idéologiques, son âge –il est aujourd’hui un vieillard malade qui ne prend plus la parole que par communiqués–, et surtout le nouveau contexte géopolitique ont eu raison de ses velléités. Les parrains traditionnels de Cuba, l’URSS jusqu’en 1989 et le Venezuela depuis, ont été successivement en faillite. La Chine n’a pas voulu prendre le relais.

Telle est bien l’explication de l’accord négocié en secret avec les Américains: Cuba n’a plus d’autres choix que de faire la paix avec son ennemi de toujours, dont l’outrecuidante réussite économique se trouve à 145 km de ses côtes. Cuba est exsangue et isolé, et bien moins du fait de l’embargo américain qu’en raison de la faillite des autres économies socialistes. (On le sait peu, mais les États-Unis sont depuis plusieurs années le principal partenaire économique de Cuba, loin devant le Venezuela, et ce en dépit d’un embargo qui est en fait limité à certains secteurs. En outre, les Cubains-Américains sont innombrables à séjourner ici, en dépit des restrictions, et leur présence croit rapidement actuellement).

Pots-de-vin et bakchich

A l’université de La Havane, un peu plus tard, je visite avec Osvaldo les laboratoires d’informatique. Les ordinateurs font peine à voir et la connexion à Internet est totalement verrouillée. Les étudiants n’ont accès à aucun site étranger et, s’ils peuvent envoyer des emails, c’est sur un réseau intranet fermé.

Osvaldo, justement, consulte ses emails. En cette veille de 1er mai, sa boîte de messages est remplie de propagande: on lui demande d’aller manifester le lendemain pour les travailleurs. Le rendez-vous de sa faculté est fixé à 7 heures du matin, à l’angle d’une des rues qui mène sur la Plaza de la Revolución. «Bullshit», me dit Osvaldo, qui n’a pas l’intention de s’y rendre et efface les multiples alertes par email. «Demain, je préfère faire la grasse matinée.» D’autres n’ont pas ce courage et iront défiler par peur des représailles. Dans les rues de la Havane, je verrai d’ailleurs des voitures circuler, avec des hauts parleurs sur le toit, appelant la population à se déplacer en masse pour la «marche» du 1er mai.

Peu après, le jeune homme, en jean, tee-shirt américanisé et chaussures Puma, doit assister à un cours d’informatique. On attend sur les marches de la faculté avant d’apprendre que le cours a été annulé. Le professeur est absent. «Comme tout le temps», m’explique Osvaldo. Dès que les enseignants, payés quelques dizaines d’euros par mois, ont la possibilité de faire un autre job au noir, ils manquent leurs cours.

L’état misérable de cette université cubaine, considérée pourtant comme un modèle, me frappe. Partout, les salles de classe semblent à l’abandon, l’électricité fait défaut, les tables et les chaises sont cassées, partout la poussière et la crasse. 

Contrairement à la légende, le système éducatif et médical est à bout de souffle

D’autres personnes interrogées à Cuba témoignent d’un système éducatif et médical largement corrompu et à bout de souffle, contrairement à la légende qui en ferait des succès durables du castrisme. Des parents d’élèves témoignent qu’il est désormais nécessaire de payer des pots-de-vin aux enseignants pour que leurs enfants soient correctement scolarisés; l’accès aux médecins, rendu difficile par de longues listes d’attente, n’est désormais possible qu’en «bakchichant». Et que peuvent valoir des études universitaires quand il y a si peu d’équipements techniques; les cours d’informatique sans Internet; l’économie et les sciences sans accès aux articles des revues internationales; et un système médical sans les appareils minimums adéquats? Annoncées comme frôlant toujours les 99,9%, les statistiques scolaires et sanitaires cubaines sont, on le sait désormais, largement bidonnées. Comme les frères Castro, les derniers symboles du castrisme se meurent, eux aussi.

Pénurie, rationnement, corruption

Comme chaque matin, comme chaque semaine, et depuis tant d’années, Ronaldo contemple sa belle américaine. Sa Ford noire date de 1951, et c’est toute sa fortune. A l’automne dernier, je l’avais rencontré à La Havane et, de retour cette semaine à Cuba, je le retrouve astiquant, nettoyant, admirant, passion immuable, sa grosse voiture.

Alors que je lui demande ce qu’il pense de la venue de François Hollande à Cuba, je me rends compte qu’il n’était pas au courant de ce voyage et, surtout, qu’il ne sait pas qui est François Hollande. Il croit que Nicolas Sarkozy est toujours président en France. Ou bien Jacques Chirac. Il ne sait pas très bien.

Le rapprochement avec les États-Unis et, peut-être, la perspective d’une fin de l’embargo? Ronaldo est mieux informé sur ce sujet mais il regrette que «pour l’instant, rien n’ait changé à Cuba». L’accès aux produits de consommation de base reste difficile. Dans un petit magasin grillagé, en face de chez lui, il peut trouver, quand il a de la chance, des «minute soups» périmées, des shampooings qui ne moussent pas, des biscuits à l’unité. À Cuba, le dentifrice, le savon, la mousse à raser, le papier toilette et, bien sûr, les téléphones portables sont des produits de luxe. La viande manque sur les marchés, et le poisson plus encore. L’eau, quand elle parvient jusqu’aux habitations –ce qui est déjà rare–, n’est pas potable et les pannes d’électricité sont fréquentes. Cuba a cessé d’être un pays en voie de développement depuis 1959.

Mais il y a pire. Au rationnement permanent de la nourriture s’ajoute ici la corruption, généralisée. Une petite élite communiste a tous les privilèges; la plupart des Cubains vivent dans la misère, et avec une trentaine d’euros par mois de revenus en moyenne. Alors, le marché noir devient la règle: une économie souterraine ultra-capitaliste permet aux Cubains de survivre dans l’un des derniers pays léninistes au monde. Mais à quel prix! Les inégalités sont plus grandes qu’aux États-Unis, et même que dans le Cuba si décrié de Batista d’avant 1959. La prostitution est fréquente –parfois avec des jeunes filles qui n’ont pas quinze ans. Le racisme est très répandu.

Seul point positif au tableau: la sécurité perdure. Contrairement au Venezuela, et à bien des pays d’Amérique latine, Cuba est un état policier qui réussit encore à peu près à maintenir la sureté de ses rues. Mais à quel prix, ici encore: des Comités pour la Défense de la Révolution, qui existent dans chaque quartier des villes, et dans les moindres villages, sont constitués de membres du parti qui espionnent minutieusement la vie de tous leurs voisins (dans le quartier où j’habite, celui de Vedado, le dit comité est situé juste en face de l’appartement de Ronaldo).

Pour ceux qui visitent Cuba en touriste, l'île peut facilement être un village Potemkine.

Pour ceux qui visitent Cuba en touriste, ou par l’intermédiaire d’un groupe communiste «ami», l'île peut facilement être un village Potemkine. On ne voit alors que ce qu’on veut bien voir. C’est le risque de la visite de François Hollande.

Le président français prendra-t-il le temps de rencontrer Yoani Sánchez, la plus célèbre opposante au castrisme? Sur son blog «Generacion Y» (ici dans sa version en anglais), on découvre la vie quotidienne des Cubains. On sait que Sánchez, placée sous surveillance étroite à La Havane, rédige souvent ses textes et ses tweets par SMS et les envoie à un contact sûr, probablement en Floride, d’où ils sont postés sur le web. Le blog décrit, avec la monotonie cultivée d’une entomologiste, la vie quotidienne à Cuba, avec ses pénuries alimentaires persistantes, ses transports publics défectueux et, bien sûr, sa corruption généralisée. Aller à Cuba, pour Hollande, et ne pas voir Sánchez, serait comme aller à Moscou au temps de l’URSS en ignorant Soljenitsyne, ou aller en Chine et ne connaître ni l’œuvre de Simon Leys, ni les œuvres d’Ai Weiwei. Pourtant, Yoani Sánchez aura plus fait pour Cuba que les frères Castro réunis. Et elle jouera certainement un rôle plus décisif dans l’avenir du pays que ses deux dirigeants séniles qui vont prochainement quitter la scène. Hollande sait-il cela et aura-t-il le courage de demander à la rencontrer? On en doute.

La fin de l’exception cubaine?

Depuis que le processus de rapprochement entre La Havane et Washington a été rendu public, l’avenir de Cuba s’est ouvert mais il n’est pas encore écrit. C’est ce qui rend le voyage de François Hollande particulièrement hasardeux.

A ce stade, trois hypothèses peuvent être imaginées. La première, sur le modèle vénézuélien, serait que le castrisme puisse survivre sans les frères Castro. A leur mort, une dictature militaire succèderait à une dictature personnelle. L’appareil sécuritaire étant la seule chose qui fonctionne encore à Cuba, on peut imaginer que l’armée puisse tenir durablement le pays. Le voyage de Hollande serait vain, dans ce cas-là, puisqu’aucune véritable ouverture économique, et moins encore politique, ne serait possible.

La deuxième hypothèse serait une évolution sur le modèle russe ou roumain. L’appareil militaire abandonnerait peu à peu son contrôle politique après avoir pris soin de se répartir les secteurs les plus rentables de l’économie, notamment celui du tourisme. Une économie de marché faussée et un état de droit précaire, à la chinoise, pourraient en résulter. Là encore, les perspectives commerciales pour la France seraient limitées.

Enfin, reste l’hypothèse où le castrisme serait en train de vivre ses dernières heures. Cuba se préparerait alors à devenir une sorte de nouvelle RDA. En quelques années, les Cubains de Miami –nombreux, riches et déterminés– reconstruiraient l’île sans que les Français n’aient leur mot à dire. Sur les 2 millions de Cubains vivants aux États-Unis, plus de la moitié étant nés à Cuba, on peut presque parler, avec cette hypothèse, d’une réunification à l’allemande.

Dans tous les cas, le voyage de François Hollande à Cuba, qui se veut un coup politique doublé d’un pari économique, apparaît donc risqué. Le chef de l’État va débarquer à Cuba –un pays qu’il ne connaît pas et dont il ne s’est jamais soucié– en sacrifiant, au nom d’hypothétiques accords commerciaux, les valeurs françaises, comme celle du pluralisme, de l’alternance politique, de la liberté de la presse et des droits de l’homme. A Cuba, on compte encore 178 prisonniers politiques selon les ONG internationales. Et des milliers d’autres, expulsés ou exilés du pays.

Reste une toute dernière explication. Et si, derrière cette stratégie diplomatique hasardeuse, n’apparaissait finalement l’incohérence de la politique diplomatique de François Hollande en général, et son orgueil en particulier: un président qui veut aujourd’hui doubler Obama sur son propre terrain, sans rien connaître de Cuba, comme il a voulu, hier, faire la guerre en Syrie avant de s’apercevoir que, sans les Américains, il n’en avait pas même les moyens. Un président qui a accéléré la réduction de la coopération diplomatique, culturelle et économique française en Amérique latine, coupant les ailes de l’AFD, de Campus France comme de l’Institut français, mais qui, tout à coup, s’entiche de Cuba. Un président qui ne s’est jamais intéressé avant son arrivée à l’Élysée aux affaires internationales et qui ne parle aucune langue étrangère, lui qui ne peut même pas tenir une conversation en anglais. Un président dont la politique diplomatique colle plus aux intérêts des États-Unis que celle de tous ses prédécesseurs, mais qui apparaît soudain nostalgique des non-alignés.

Dans la longue suite des erreurs, incohérences et fautes diplomatiques du hollandisme, dont il faudra bien un jour faire l’histoire, le voyage à Cuba resterait alors comme un simple épiphénomène risible.

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