Économie / Monde

De plus en plus d'Allemands sont contraints d'avoir un deuxième emploi

Temps de lecture : 2 min

A Berlin, le 1er mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch.
A Berlin, le 1er mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch.

De plus en plus d'Allemands n'arrivent plus à joindre les deux bouts et doivent se résoudre à exercer deux emplois à la fois, rapporte l'hebdomadaire allemand Die Zeit. En 2013, 9% des employés occupaient à côté de leur emploi régulier un «Minijob», nom donné en Allemagne aux emplois à temps partiel rémunérés au maximum 450 euros nets par mois. Le nombre des «Multijobber» en Allemagne a plus que doublé en dix ans: ils étaient 2,63 millions d'employés dans cette situation en 2013, contre 1,16 million en 2003, soit un bond de 126%.

La plupart des salariés allemands qui ont deux emplois ont entre 35 et 54 ans, précise le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à cumuler deux emplois (5,4% contre 4,6%), ce qui s'explique en grande partie par le fait qu'elles sont plus nombreuses à occuper un emploi à temps partiel ne leur permettant pas de gagner leur vie.

Ces données recueillies par l'Office allemand des statistiques ont récemment été rendues publiques par le gouvernement allemand à la demande de la députée écologiste Brigitte Pothmer, spécialiste du marché du travail et ardente défenderesse de l'instauration du salaire minimum en Allemagne. «Beaucoup de gens n'arrivent visiblement pas à vivre du salaire d'un emploi», soulignait-elle récemment dans une interview au quotidien Saarbrücker Zeitung, ajoutant:

«Si les gens sont contraints de prendre un second job pour joindre les deux bouts sur un plan financier, dans ce cas quelque chose ne tourne pas rond en Allemagne.»

Le quotidien en conclut que le «miracle allemand de l'emploi» que vantent tant les économistes allemands ces derniers mois est «plutôt un miracle de l'emploi à temps partiel»:

«L'Agence fédérale pour l'emploi a récemment enregistré près de 42,5 millions d'actifs occupés, c'est plus que jamais. Cependant, le nombre de ceux qui travaillent moins de 35 heures par semaine a grimpé de près de 2,4 millions en 2004 à 10,7 millions. […] Près de trois-quarts des nouveaux emplois qui ont été créés dans ce laps de temps sont donc liés à une augmentation du travail à temps partiel.»

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