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Rodrigo Gularte, exécuté en Indonésie, n'a compris qu'au dernier moment qu'il allait mourir

Une nonne à côté du portrait de Rodrigo Gularte | REUTERS

Une nonne à côté du portrait de Rodrigo Gularte | REUTERS

Le Brésilien, schizophrène et bipolaire, ne s'est pas rendu compte de ce qu'il se passait, malgré les explications répétées du prêtre.

Il aura fallu attendre les derniers instants pour que Rodrigo Gularte, le Brésilien exécuté mercredi 29 avril avec sept autres personnes par la justice indonésienne, prenne conscience qu’il allait mourir. C’est ce que Charles Burrows, son confesseur, a déclaré au Guardian.

Quand les gardes sont entrés dans sa cellule pour l’emmener vers sa mort, il s’est retourné vers lui et lui a demandé:

«Ils vont me tuer?»

Le prêtre avait passé trois jours à le lui expliquer, sans succès.

«Je lui disais que j’avais 72 ans et que j’allais bientôt mourir, donc qu'il devait découvrir où se trouve ma maison là-bas et s'occuper de mon jardin en attendant.»

Mais le message n’est pas passé.

«Une seule petite erreur»

Il y a une bonne explication à cette incompréhension: Rodrigo Gularte a été diagnostiqué bipolaire et schizophrène par les médecins. Une deuxième analyse commandée par le procureur indonésien n’a pas été rendue publique. «Il entendait des voix tout le temps», confirme Charlie Burrows.

Ses troubles mentaux l’ont même amené à poser plusieurs questions à propos de la sentence. Il a notamment voulu savoir si un sniper posté en dehors de la prison allait lui tirer dessus ou si on allait l’assassiner dans la voiture, sur la route vers les lieux de la peine. Alors qu’attaché à une planche de bois il s’entretenait une dernière fois avec le père Charlie Burrows, il s’est indigné de mourir «à cause d’une seule petite erreur ».

Il entendait des voix tout le temps

Charlie Burrows à propos de Rodrigo Gularte

Charlie Burrows a aussi côtoyé Mary Jane Veloso, la Philippine qui a échappé in extremis à l’exécution. Il indique que ses geôliers ont fondu en larmes en assistant à ce qu’on pensait être ses adieux à ses enfants. Certains d’entre eux ont même sollicité le pasteur pour savoir s’ils étaient responsables de la souffrance de cette femme et des familles.

«Le maton et les avocats se sont sentis mal aussi. Ils m’ont dit qu’ils n’approuvaient pas ce qu’il se passait, qu’ils faisaient simplement leur travail, qu'il devrait y avoir un moratoire sur la question.»

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