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La peine de mort risque de freiner le tourisme indonésien

Serge Atlaoui, le Français condamné à mort en Indonésie, le 1er avril au tribunal de Tangerang. REUTERS/Beawiharta

Serge Atlaoui, le Français condamné à mort en Indonésie, le 1er avril au tribunal de Tangerang. REUTERS/Beawiharta

Les Français continueront-ils de voyager en Indonésie si Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue, est exécuté? C'est une question que se posent certaines organisations touristiques. Les présidents du Seto et du Snav, deux syndicats de professionnels du tourisme, se sont inquiétés de l'impact que pourrait avoir l'exécution de condamnés à mort sur cette industrie.

Dans une lettre adressée au ministre du tourisme indonésien, Ariez Yahya, ils demandent au gouvernement de faire preuve de clémence: 

«Nous souhaitons vous faire part, au nom de nos membres, de notre vive inquiétude quant à l'incidence sur le marché touristique de l'application de la peine de mort en Indonésie.»

Les deux hommes rappellent que l'exécution de prisonniers en janvier avait déjà entraîné une vive émotion en France.

Après l'exécution de huit condamnés le 29 avril, dont deux Australiens, Tony Abott, le Premier ministre australien, a annoncé qu'il rappelait son ambassadeur dans le pays. Une annonce accompagnée par des appels au boycott en Australie.

Comme le notait le Sydney Morning Herald en 2014, l'Indonésie est actuellement une des destinations favorites des touristes australiens. En 2013, le Bureau central des statistiques indonésien indiquait que près de 1 million de visiteurs s'étaient rendus dans le pays. Or, ces visiteurs jouent un rôle important dans la croissance indonésienne.

D'après les données fournies par la Banque mondiale, les revenus générés par le tourisme en Indonésie ne cessent d'augmenter: de 7,6 milliards en 2010, ils sont passés à 10 milliards de dollars en 2013. Une attractivité qui pourrait s'inverser, si l'on en croit la logique développée par les responsables des syndicats touristiques français et italiens:

«L’Indonésie était perçue jusqu’alors comme une démocratie très accueillante et très attractive, avec un potentiel touristique en plein essor et de réelles ambitions dans ce domaine.»

Mais les touristes sont-ils inquiétés par ces exécutions? Pas si sûr. Un article du Sydney Morning Herald pointe que pour l'instant, la demande pour aller à Bali n'a pas baissé avec l'annonce des exécutions. «Il y a eu une importante médiatisation sur le sort des neufs personnes condamnées à Bali et ça n'a pas eu d'impact sur les réservations pour Bali durant cette période», note à ce propos Alan Joyce, un représentant de Qantas, une des principales compagnies aériennes australienne.

D'après Webjet, une agence de voyages en ligne reprise par le journal, la demande en billet d'avion pour Bali a augmenté de 42% ces quatre dernières semaines par rapport à la même période l'an dernier.

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