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Indonésie: le dernier jour des condamnés

Les proches de Myuran Sukumaran portant une de ses toiles. REUTERS/Beawiharta Beawiharta

Les proches de Myuran Sukumaran portant une de ses toiles. REUTERS/Beawiharta Beawiharta

Dans la prison où le Français Serge Atlaoui attend toujours de connaître son sort, certains des huit condamnés exécutés ont prié. Un autre a peint. Tous ont pu passer quelques instants avec leurs proches.

Peu après minuit heure locale, mercredi 28 avril, un peloton d’exécution indonésien a fusillé huit condamnés à mort pour trafic de drogue. Le quotidien britannique The Independent a retracé leurs dernières heures. Conformément à la loi en vigueur dans le pays, les condamnés ont pu passer un moment avec leurs proches avant que ceux-ci ne soient conduits vers la sortie. Des religieux ont ensuite rencontré les prisonniers. Ces derniers ont d’ailleurs pu se rassembler pour passer ensemble leurs ultimes moments.

Les deux Australiens exécutés, Andrew Chan et Myuran Sukumaran, ont joué un rôle-clé dans la journée de leurs compagnons d’infortune. Ils se sont efforcés de les consoler et ont organisé le dernier repas. Il n’existe pas de règlement spécifique en Indonésie pour cette circonstance, mais les autorités pénitentiaires ont autorisés les prisonniers à commander des menus de la chaîne de fast-food spécialisée dans le poulet KFC, très populaire en Indonésie.

Andrew Chan et Myuran Sukumaran avaient été jugés en 2006 pour avoir tenté de faire passer 8 kilos d’héroïne vers l’Australie. Ils étaient alors âgés respectivement de 24 et 21 ans. Ils se sont repentis depuis leur emprisonnement il y a dix ans. Andrew Chan a étudié la théologie et a même été ordonné pasteur, comme l’indique le Sydney Morning Herald. Il s’est marié le 27 avril avec une Indonésienne.

Myuran Sukumaran s’est quant à lui mis à la peinture durant ces dernières années. Il a demandé qu’on le laisse peindre dans sa cellule jusqu’au dernier moment. Il a également refusé qu’on lui bande les yeux pour l’exécution, voulant «faire face à la mort avec dignité». Il y a trois jours, les condamnés ont tous signé une de ses toiles.

Mary Jane Veloso, qui devait elle aussi mourir, avait enregistré une vidéo à destination de ses enfants, où elle clamait à nouveau sa bonne foi. Arrêtée en 2009 dans un aéroport de l’île de Java avec plus de deux kilos d’héroïne dans sa valise, cette femme de ménage philippine a continuellement affirmé qu’elle avait été prise au piège par des trafiquants. Un miracle de dernière minute lui a octroyé un sursis et l’a peut-être sauvée: une femme, soupçonnée d’être à l’origine de la présence de la drogue dans ses affaires, s’est rendue à la police philippine.

Serge Atlaoui, lui, patiente toujours dans sa cellule dans l’attente de la décision de la justice indonésienne. Le tribunal administratif de Djarkarta doit statuer sur un recours déposé par le Français, condamné à mort en 2007 pour un trafic de drogue qu'il a toujours nié.

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