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Contrairement à Ferguson, les problèmes de Baltimore ne sont pas avant tout raciaux

Manifestants s'adressant à la police juste avant le couvre-feu à Baltimore (Maryland), le 28 avril 2015 | REUTERS/Eric Thayer

Manifestants s'adressant à la police juste avant le couvre-feu à Baltimore (Maryland), le 28 avril 2015 | REUTERS/Eric Thayer

Les émeutes ne proviennent pas d'un manque criant de représentation de la population afro-américaine.

De loin, on pourrait penser que les émeutes qui viennent d'éclater dans la ville de Baltimore aux États-Unis ressemblent à ce qui s'est passé à Ferguson à l'été 2014. Dans les deux cas, les violences ont été déclenchées par la mort d'un jeune noir poursuivi par la police, Michael Brown à Ferguson et Freddie Gray à Baltimore.

Mais la situation de ces deux villes est très différente. Comme l'écrit le journaliste Michael Fletcher dans le Washington Post:

«Baltimore n'est pas Ferguson et les problèmes principaux de la ville ne sont pas raciaux. Le maire, le président du conseil municipal, le chef de la police, le procureur et d'autres leaders locaux sont noirs, tout comme la moitié des forces de police de la ville.»

Inégalités sociales

On n'a donc pas affaire, comme à Ferguson, à un criant manque de représentation de la population afro-américaine. Dans la petite ville du Missouri où Michael Brown est mort en août dernier, 67% de la population est noire mais, au moment des émeutes, les Afro-Américains étaient quasiment absents des institutions locales. Le chef de la police et le maire sont blancs et, sur 53 policiers de la ville, seuls trois étaient afro-américains l'été dernier. Depuis les émeutes, la population noire s'est mobilisée pour les élections et plus d'Afro-Américains ont été élus au conseil municipal.

Le cas de Baltimore montre que la diversité au sommet ne permet pas à elle seule de résorber les lourdes inégalités sociales qui persistent entre résidents du centre-ville et habitants des ghettos.

«Qu'une ville soit dirigée par des noirs ne suffit pas à éviter les troubles, tant que le progrès ne profite pas à tout le monde. Un système injuste demeure injuste, quelle que soit l'ethnicité de ceux qui le dirige», écrit Adam Serwer dans BuzzFeed.

Qu'une ville soit dirigée par des noirs ne suffit pas à éviter les troubles

Adam Serwer, journaliste à BuzzFeed

Dans son article, il rappelle que, jusqu'à la fin des années 1960, la politique de ségrégation à Baltimore était particulièrement stricte. Dans les années 1940, les noirs et les juifs étaient interdits de vivre dans certains quartiers. Et lorsque la loi a été jugée anticonstitutionnelle en 1948, la ségrégation a été maintenue de facto par d'autres moyens: les agents immobiliers encourageaient les blancs à vendre leurs propriétés à perte dès que des noirs emménageaient dans un quartier.

Le fait que la police et le gouvernement local de Baltimore soient plus représentatifs de la population a tout de même permis d'éviter une escalade de la violence comme il y a eu cet été à Ferguson, où les émeutes ont duré deux semaines en août, et où la police avait un équipement de style militaire, avec armures et gaz lacrymogène.

 

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