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Pour augmenter les prix de l'immobilier en Chine, les agences louent des figurants blancs

Deux figurants et une employée d'une agence de location, à Chongqing, en Chine | capture d'écran du documentaire «Rent-a-Foreigner in China», de David Borenstein / NYTimes

Deux figurants et une employée d'une agence de location, à Chongqing, en Chine | capture d'écran du documentaire «Rent-a-Foreigner in China», de David Borenstein / NYTimes

Cette pratique semble surréaliste mais elle est courante.

Ces dernières années en Chine, les développeurs immobiliers ont construit des millions de nouveaux appartements, mais plus de 20% de ces logements demeurent vides. 

Comme l'offre est surabondante, les développeurs mettent en œuvre des stratégies de vente originales: pour donner envie à des Chinois d'acheter dans un immeuble, rien de tel qu'une fête avec des étrangers, blancs de préférence.

Location d'occidentaux

Le réalisateur David Borenstein a fait un documentaire sur les entreprises qui se spécialisent dans la location de figurants occidentaux. Et une version courte du film est disponible sur le site du New York Times.

On y voit un dialogue surréaliste entre un promoteur immobilier et une jeune employée d'une agence de location d'occidentaux, qui lui explique les bienfaits de ses services:

«C'est vrai que les blancs sont assez chers, mais leur présence rend n'importe quel lieu beaucoup plus classe. Si vous n'avez pas les moyens mais que vous voulez quand même projeter une atmosphère internationale, je recommande d'utiliser des noirs. Ils ont une personnalité très ouverte, mais sont plutôt bon marché, environ 1.000 yuans (soit 145 euros)». 

«Vous avez des Indiens?» demande le développeur. La représentante de l'agence explique qu'ils en utilisent rarement et qu'ils coûtent à peu près le même prix que les noirs. 

On suit ensuite la jeune femme dans son travail de recrutement d'occidentaux, qui consiste à faire la tournée des bars locaux. Elle cherche particulièrement ceux qui peuvent danser, jouer de la musique ou chanter, car ce genre de spectacle est très apprécié.

Plus qu'un simple figurant étranger, il s'agit aussi de faire comme si ces occidentaux étaient célèbres chez eux. L'agence les prend en photo dans un studio professionnel et leur crée une fausse biographie du style: Kevin, chanteur célèbre en Californie. 

Face à la caméra, un de ces figurants rémunérés résume la situation:

«Tout est faux. Nous sommes juste là pour qu'il y ait des visages blancs.»

Le réalisateur précise que cette pratique est très courante mais que, vu l'excès de logements disponibles, il demeure difficile d'enrayer la chute des prix, même avec les figurants occidentaux les plus brillants du marché. 

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