Monde

Des violences à Baltimore auraient émergé autour d'une référence à la «purge» du film «American Nightmare»

Temps de lecture : 2 min

Dans ce film d'horreur, on assiste à une nuit où tous les interdits sont levés. Mais il n'est pas sûr que Baltimore ait été la scène d'une imitation IRL de cette «purge».

Extrait du film «American Nightmare», sorti en 2013. Via Allociné
Extrait du film «American Nightmare», sorti en 2013. Via Allociné

Quelques heures après les funérailles de Freddie Gray, jeune homme noir décédé dans des circonstances floues alors qu’il était en détention à Baltimore, de violentes émeutes ont éclaté dans les rues. Des habitants de la ville s’en sont alors pris aux forces de l’ordre et ont pillé plusieurs magasins.

Le New York Times rapporte les propos du chef de la police, Anthony W. Batts, qui a affirmé que les émeutes ont débuté avec une «purge» que des lycéens voulaient mener dans un centre commercial. Entre 75 et 100 étudiants ont été accueillis par plusieurs douzaines de policiers, qui ont dû faire face à des jets de pierres et de bouteilles, si l’on en croit le Baltimore Sun.

Sur Twitter, un hashtag #BaltimorePurge a circulé dès le 27 avril, après les affrontements du centre commercial, et a vite été repris par des membres de Daesh, qui y ont vu un moyen d’encourager les jeunes à rejoindre leurs rangs.

Film d'horreur

Cette «purge» fait référence au film American Nightmare (The Purge en version originale), sorti en 2013. Censé se déroulé en 2022, on assiste à une purge annuelle, c'est-à-dire une nuit où tout est permis, où chacun peut commettre des crimes sans craindre de représailles de la part de la justice.

«Les critiques ont décrit ce film comme une satire dystopique maladroite, remplie de sang, explique le journal. Ce fut un succès chez les jeunes, qui ont adopté le terme, et, dans certaines affaires, certains d’entre eux ont été accusés d’avoir imité les prémices anarchiques du film.»

Ce n'est pas la première fois qu'une émeute fait référence à des films populaires. Il y a quelques mois, lors d'émeutes dans la ville de Ferguson, nous vous parlions des messages tagués sur des murs de la ville citant Hunger Games, un film futuriste racontant une révolte contre une dictature.

Mais, dans le cas d'American Nightmare, des rumeurs faisant état de purges sont déjà apparues dans le passé et se sont avérées être des hoax. Difficile donc de savoir ce qu'il en est réellement dans le cas de Baltimore.

Le site Snopes, spécialisé dans le démantèlement des fausses rumeurs, a relevé de nombreux exemples d’histoires où des jeunes auraient soi-disant prévu des purges inspirées de ce film d’horreur. En août 2014, de nombreux messages ont ainsi circulé sur les réseaux sociaux, alertant sur des purges imminentes, d'abord à Louisville, puis dans d’autres villes comme Jacksonville, Detroit, Cleveland, etc. «Des événements scolaires ont dû être annulés à Louisville et autour à cause de la rumeur», note Snopes. Finalement, la ville de Louisville n’a déploré aucune violence, et la police confirmera plus tard que les rumeurs provenaient d’abord d’adolescents qui voulaient blaguer autour du second volet du film American Nightmare, sorti cet été-là.

Newsletters

Une semaine dans le monde en 7 photos

Une semaine dans le monde en 7 photos

Intempéries mortelles au Japon, réouverture du Musée du Louvre et évolution de la pandémie... La semaine du 4 juillet 2020 en images.

Le confinement a provoqué une explosion des mariages d'enfants en Inde

Le confinement a provoqué une explosion des mariages d'enfants en Inde

 «Le Covid-19 a fourni un terreau idéal pour que ce mal social prospère», commente une responsable de la protection sociale.

Les touristes britanniques ne sont pas les bienvenus en Europe

Les touristes britanniques ne sont pas les bienvenus en Europe

La plupart des citoyen·nes des pays figurant parmi les destinations de voyage les plus prisées ne veulent pas des personnes issues du Royaume-Uni où le coronavirus fait des ravages.

Newsletters