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Le 15 janvier 1934, un séisme de magnitude 8 frappait déjà le Népal

Encadré de l'Écho d'Alger, édition du 26 janvier 1934 | Gallica

Encadré de l'Écho d'Alger, édition du 26 janvier 1934 | Gallica

Ce n'est pas la première fois que Katmandou est touchée par un tremblement de terre faisant des milliers de morts.

Samedi 25 avril 2015 sévissait au Népal un séisme de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter qui a fait plus de 2.000 morts et détruit nombre d’édifices.

Le Népal n’avait pas connu de tremblement de terre aussi fort depuis celui du 15 janvier 1934, d'une magnitude de 8, selon le Nepali Times, qui revenait sur cet événement à l’occasion de ses 70 ans, en 2004:

«En une minute, 17.000 personnes étaient mortes au Népal et dans le Nord-Bihar, beaucoup d’entre elles dans la vallée de Katmandou.»

Le Nepali Times rappelait que le séisme le plus meurtrier connu à Katmandou remontait à 1255, lorsque 30.000 personnes (un tiers de la population de la ville) avaient péri. Le journal avait aussi récolté plusieurs témoignages de Népalais qui avaient vécu le drame de 1934, comme Ram Chandra Lal Joshi, qui racontait alors avoir vécu un mois dehors malgré le froid avec son père et sa sœur, ou encore Asha Ram Dhakwa, qui avait 8 ans à l'époque:

«Je venais juste d’acheter des bonbons et je sortais de la boutique avec la fille du propriétaire quand le tremblement de terre a frappé. Je me suis retrouvé piégé sous une colonne en bois et des briques. Je ne savais pas que c’était un séisme et je me demandais pourquoi la fille était si silencieuse.»

«Séisme des Indes anglaises»

En 1934, L’Écho d’Alger faisait état de la catastrophe en publiant une photo intitulée «100.000 victimes aux Indes» dans son édition du 26 janvier. Le cliché (voir ci-dessus) représente Katmandou avant la catastrophe. La cité était encore interdite aux étrangers qui n'avaient pas reçu l'autorisation spéciale du maharadjah. Sous la photo, un encadré rapporte:

«Le séisme des Indes anglaises aurait fait cent mille victimes. Katmandu, la ville sainte du royaume du Népal, a de nouveau été cruellement éprouvée par un tremblement de terre. Le maharadjah, qui chassait le tigre au moment du séisme, n’a pas reparu à son palais.»

Le tremblement de terre était si puissant qu’à 644 km de là, à Calcutta, la tour de la cathédrale Saint-Paul s’était écroulée

Dans l’édition de février 1934 de L’Apostrophie, une «revue d’astrologie ésotérique et exotérique», il est spécifié que la terre a tremblé durant plus de deux semaines dans le nord de l’Inde et au Népal et que les deux fils du roi népalais, qui chassaient le tigre dans la jungle, étaient décédés.

Nobuji Nasu, de l’Institut de recherches des tremblements de terre, avait été envoyé en Inde pour étudier le séisme de 1934. Dans un rapport rédigé la même année, The Great Indian Earthquake of January 15, 1934, il décrit ce qu’il a vu. Il explique que le tremblement de terre était si puissant qu’à 400 miles (644 km) de là, à Calcutta, la tour de la cathédrale Saint-Paul s’était écroulée et que le bâtiment du gouvernement s’était effondré à Darjeeling. À Katmandou, Bhatgaon et Patan, les trois villes principales du Népal, la plupart des habitations étaient détruites et de larges craquelures étaient apparues au sol.

Dans son article de 2004, Nepali Times prévoyait une perte de 100.000 personnes lors du prochain grand séisme en raison de l’important développement de Katmandou. Le journal soulignait aussi que, sur les 21 villes construites sur des zones sismiques à travers le monde, la capitale du Népal avait le risque le plus élevé en termes de morts, de destruction et manque de préparation.

Soulignant que ce séisme, dont l’épicentre se situe le long de la faille entre le Népal et l'État indien du Bihar, revient tous les soixante-quinze ans, le journal affirmait alors:

«Ce qui se passera la prochaine fois qu’un tremblement de terre de cette magnitude frappera Katmandou est la principale préoccupation.»

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