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Une vague de suicides dans deux lycées de la Silicon Valley lance un débat sur le culte de l'excellence

Dans les écoles de Palo Alto, la compétition est partout | Malcolm Slaney via Flickr CC License by

Dans les écoles de Palo Alto, la compétition est partout | Malcolm Slaney via Flickr CC License by

L'hyper-concurrence commence dès l'école.

En plein cœur de la Silicon Valley en Californie, Palo Alto est connue pour être la mecque des start-ups: c'est là que Google, Facebook et PayPal ont fait leurs premiers pas. Le patron d'Apple, Tim Cook, et le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, y ont élu domicile. Le prix moyen d'une maison est de 3 millions d'euros.

Étant donné cette concentration de cerveaux et d'argent, les lycées publics de la ville sont parmi les meilleurs des États-Unis mais, depuis plusieurs années, ils sont touchés par une vague de suicides. Depuis janvier 2015, trois lycéens de la ville se sont suicidés en se jetant sur les rails du train régional. Déjà, en 2009, cinq élèves d'un autre établissement local avaient mis fin à leurs jours, rapporte le New York Times.

Une chaîne de télévision locale explique que, ces 18 derniers mois, une quarantaine de lycéens ont été hospitalisés pour dépression et idées suicidaires. La ville songe à installer des caméras qui permettraient de détecter les personnes sur les rails afin que les trains puissent s'arrêter à temps. Le district scolaire a aussi embauché des psychologues et demandé aux enseignants de réduire la quantité de devoirs.

Angoisse de l'avenir

Mais, au-delà de ces réponses concrètes, ces tragédies ont lancé un débat sur les effets néfastes du culte de l'excellence et de l'hyper-concurrence qui règnent dans ces écoles. Comme le niveau moyen est extrêmement élevé, même une bonne performance peut sembler médiocre, et les élèves sont sommés d'exceller dans tous les domaines. 

Une conseillère d'éducation rapporte que ces jeunes pensent que, s'ils ne vont pas dans les meilleures universités, ils se retrouveront à faire des petits boulots chez McDonald's. 

Dans un journal local, une lycéenne avait écrit à propos de son école:

«Nous ne sommes pas des adolescents. Nous sommes des corps sans vie dans un système qui engendre la concurrence, la haine et empêche le travail en équipe et l'apprentissage authentique. Nous sommes sans passion sincère. Nous sommes malades.»

Un psychiatre qui travaille pour une organisation de prévention du suicide explique au New York Times que le discours des parents sur la réussite trahit en général une grande angoisse par rapport à l'avenir. Avec l'augmentation des inégalités et l'instabilité de l'économie, les parents sont terrorisés que leurs enfants ne s'en sortent pas. Et même s'ils disent «je te soutiens quoi qu'il arrive», ils continuent d'être obsédés par les notes et les admissions aux universités les plus prestigieuses.

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