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Des anti-vaccins australiens comparent la vaccination au viol

Un enfant recevant un vaccin anti-polio à Saana au Yemen, 30 juin 2013. REUTERS/Khaled Abdullah

Un enfant recevant un vaccin anti-polio à Saana au Yemen, 30 juin 2013. REUTERS/Khaled Abdullah

On le savait: les anti-vaccins les plus radicaux ne reculent généralement devant rien pour grossir leurs rangs et convertir toujours plus de familles à leur dogme. Sites internet relayant des études obscures et les déclarations de supposés spécialistes, campagnes de (dés)information catastrophistes et souvent de très mauvais goût —allant parfois jusqu'à comparer la vaccination à la Shoah...

L'Australie vient, elle aussi, apporter sa pierre à l'édifice. L'Australian Vaccination-skeptics Network (AVN), un groupe anti-vaccins, a publié sur sa page Facebook une image stupéfiante: la photo d'une femme ceinturée et bâillonnée par un homme, accompagnée du texte suivant:

«PENETRATION FORCEE: Pas vraiment un scandale quand c'est une injection de vaccin et un médecin.»

Pas de doute possible, le groupe assimile bien la vaccination aux violences sexuelles et les médecins à des violeurs.

Sans grande surprise, la comparaison a fait bondir les associations de défense de victimes de violences. Le quotidien australien rapporte les propos de Fiona McCormack, présidente d'une association de lutte contre les violences domestiques, qui a estimé que cette campagne était «irresponsable et innappropriée».

La porte-parole du ministre de la santé Catherine King a, elle, appelé le groupe à retirer la photo de leur page Facebook et à présenter des excuses publiques. Dont acte. L'image a bien été supprimée après ces réactions (elle est toujours disponible sur le site du média australien qui en avait fait une copie), mais aussi, très probablement, parce que des membres du groupe anti-vaccins eux-mêmes se sont dit choqués par la photo et la comparaison vaccin-viol. Les commentaires indignés ont été supprimés par les administrateurs de la page mais certains d'entre eux ont été relevés par le journal australien. Ainsi, une certaine Rose Taylor a écrit:

«C'est dégoûtant. Etes-vous en train de dire que vous croyez que si votre enfant est vacciné, c'est aussi grave que s'il avait été victime de viol? Cela peut être très insultant pour les vraies victimes d'agressions sexuelles.»

Si la photo a été supprimée, le groupe n'a cependant pas estimé que sa première initiative méritait des excuses. Selon le Sydney Morning Herald, ils ont répondu que «le post n'était pas de mauvais goût mais simplement honnête. Ce qui est de mauvais goût, c'est que le gouvernement élu nous force à vacciner nos enfants alors que nous ne croyons pas que c'est bon pour leur santé.»

Le gouvernement de Tony Abbot vient en effet d'annoncer que les parents qui refusaient de vacciner leurs enfants seraient privés d'allocations familiales, ce qui représente une perte d'environ 10.000 euros par an et par famille. Une décision consécutive au fait que le réseau anti-vaccins australien fait de plus en plus d'émules: plus de 39.000 enfants australiens de moins de sept ans ne sont pas vaccinés. 

Ces réseaux sont aussi de plus en plus vindicatifs et agressifs. L'Australian Vaccination-skeptics Network diffuse sur Internet un mode d'emploi à destination des parents pour harceler les médecins. Ce même groupe a récemment été accusé d'avoir intimidé et harcelé des parents dont le bébé de 4 semaines venait de mourir de la coqueluche.

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