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Ce qui différencie le cabinet de Hollande de celui de Sarkozy... et celui de Valls de celui d'Ayrault

La passation de pouvoir Sarkozy-Hollande, le 15 mai 2012. REUTERS/Christophe Ena/Pool.

La passation de pouvoir Sarkozy-Hollande, le 15 mai 2012. REUTERS/Christophe Ena/Pool.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'Elysée compte actuellement moins d'énarques et plus de personnes issues du monde de l'économie que sous le quinquennat précédent.

Qui compose l'univers de nos dirigeants? Une étude que vient de publier le Cevipof s'intéresse au cabinet des deux derniers occupants de l'Elysée, François Hollande et Nicolas Sarkozy, ainsi qu'à celui de leurs Premiers ministres.

En septembre 2012, le Figaro parlait du «grand retour des énarques» au sein de l'entourage de François Hollande, remarquant que Nicolas Sarkozy «avait peu d'amis énarques» comparé au nouveau président. D'après l'étude menée par Luc Rouban, ceci ne se vérifierait pas dans le cabinet du chef de l'Etat:

«Contrairement à ce que l'on a pu soutenir, les entourages de François Hollande ne voient pas revenir en force les énarques puisqu'ils sont bien moins nombreux à l'Elysée que lors du quinquennat précédent.»

D'après cette recherche, le cabinet de François Hollande est composé à 39% d'énarques contre 50% du temps de Nicolas Sarkozy. Un pourcentage moindre que ce que pouvait laisser imaginer la formation du Président, issu lui-même de la célèbre promotion Voltaire de l'ENA.

Les membres des grands corps de l'Etat –inspection des finances, Cour des comptes et Conseil d'Etat– sont également moins nombreux que sous Nicolas Sarkozy, passant de 20% entre 2007 et 2012 à 12% aujourd'hui. Même constat à Matignon, où on en compte 10% aujourd'hui contre 14% sous François Fillon.

Autre donnée pouvant paraître étonnante: la proportion de conseillers ayant fait carrière dans le monde de l'entreprise était moins grande sous Nicolas Sarkozy (11%) que sous François Hollande (15%). Plus qu'une volonté politique, l'arrivée de personnes provenant du privé serait due à une évolution des élites, si l'on en croit l'étude :

«L'expérience du secteur privé ou la formation en école de commerce se sont répandues quelle que soit la couleur politique des gouvernements, reflétant en cela l'évolution générale des élites administratives.»

Remaniement: l'entourage de Jean-Marc Ayrault plus militant que celui de Manuel Valls

A chaque Premier ministre son entourage: l'enquête nous montre également les bouleversements entraînés par le changement de Premier ministre en avril 2014. Si Jean-Marc Ayrault avait préféré s'entourer de personnes émanant de l'administration (54%) ou du monde politique (24%), Manuel Valls privilégie des membres de son entourage (67%), les membres de cabinet issus du monde politique ne représentant que 11% de ses conseillers.

Le Matignon de Jean-Marc Ayrault serait plus «politique» que celui de Manuel Valls? Luc Rouban reste prudent dans son étude, rappelant qu'il est difficile de juger du degré de politisation d'un cabinet:

«Il existe de nombreuses nuances à la notion de politisation, allant de l'engagement partisan à la proximité personnelle avec un élu ou un responsable politique.»

Il distingue trois cas: le militant, qui affiche clairement sa préférence partisane, le politisé, passant par plusieurs cabinets ministériels d'une même couleur politique, et le neutre. Il en ressort que le nombre de militants a considérablement baissé sous Manuel Valls. Si Jean-Marc Ayrault s'entourait de militants (44%), Valls préfère les «politisés» (63%) aux «partisans» (24%).

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