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A Hollywood, les réalisatrices souffrent toujours de l'inégalité homme-femme

Angelina Jolie, réalisatrice de «Invincible» lors des Annual Critics' Choice Movie Awards à Los Angeles le 16 janvier 2015. REUTERS/Kevork Djansezian

Angelina Jolie, réalisatrice de «Invincible» lors des Annual Critics' Choice Movie Awards à Los Angeles le 16 janvier 2015. REUTERS/Kevork Djansezian

Les industriels du cinéma seraient encore très nombreux à estimer qu'elles sont moins «bankables» que les hommes.

L’Institut de Sundance et l’organisation Women in Film viennent de publier les résultats d’une étude portant sur la place des femmes dans le cinéma et dans la réalisation des films. Le site Variety, qui relaie l’étude, explique notamment que ces dernières ont plus de chances de réaliser un film si elles le font de manière indépendante, loin des studios. Les grandes compagnies auraient en effet tendance à penser qu’un réalisateur serait bien plus intéressant en termes de profits qu’une femme. 

Ainsi, selon l'étude, sur les 1.300 plus gros films réalisés entre 2002 et 2014, il n’y avait que 4,1% de femmes parmi les réalisateurs. Les résultats d’un sondage effectué auprès de 59 réalisateurs, vendeurs et acheteurs de films (dont 20 femmes) sont encore plus significatifs: 44% d’entre eux expliquent que le milieu du cinéma pense que les films réalisés par des femmes sont destinés à un public plus restreint que ceux réalisés par les hommes. 25% ont aussi dit qu’il y avait le sentiment d’un manque d’ambition chez les femmes quand il s’agissait de remplir des rôles importants dans l’industrie.

«Avec cette étude sur trois ans, nous avons accompli une analyse détaillée de ce problème et nous savons que les réalisatrices font face à de profonds préjugés de la part de l’industrie du film à propos de leurs capacités créatives, leur sensibilité, leurs orientations et leurs ambitions», a expliqué la présidente de Women in Film Cathy Schulman.

«Nous devons maintenant mener ce gros bateau à travers les eaux profondes, et le WIF s’est engagé à mener des actions jusqu’à ce que cette parité soit atteinte.»

En février, le Los Angeles Time soulevait déjà le problème de fond de ces inégalités: les studios sont dirigés par des équipes essentiellement constituées d’hommes, ce qui restreint la place des femmes dans le circuit décisionnel et dans les rôles clefs d’une production.

A travers plusieurs infographies, le journal nous apprenait également que seulement 4,6% des films sortis par des grands studios en 2014 ont été réalisés par des femmes (6 sur 124). Les chiffres sont même en baisse depuis 2012, où l’on comptait 7,6% de réalisatrices.

Une professeure d’histoire au Siena College est même remontée plus loin dans son livre Women Filmmakers in Early Hollywood. Karen Mahar raconte au LA Times qu’au début du XXe siècle, «la culture du film était très ouverte, cela ressemblait à une industrie moderne qui allait faire dans le 50-50»

En 1916 par exemple, l’actrice Lois Weber est devenue la réalisatrice la mieux payée du studio Universal, et a même fini par ouvrir son propre studio. Mais dans les années 1920, et avec le boom de l'industrie, certains patrons ont décidé que les femmes n’étaient pas en mesure d’assurer la gestion de budgets de plus en plus élevés. Une fausse idée qui reste tenace aujourd’hui encore.

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