Monde

Des pirates somaliens ont été formés par des sociétés occidentales

Temps de lecture : 2 min

Nombre de pirates opérant au large des côtes somaliennes ont été formés par des sociétés occidentales, explique un reportage d'Al-Jazeera.

Certaines sociétés de sécurité, comme la société Hart Group basée à Chypre, opère désormais au Yémen, fournissant des escortes armées pour les bateaux voulant passer le Golfe d'Aden, sillonné par les pirates. Il y a 10 ans, Hart Group opérait en Somalie même, entraînant les membres d'agences de protection de sociétés de pêche, dans le Puntland. Des centaines de Somaliens ont alors reçu un entraînement militaire, apprenant à manier les armes et à aborder des bateaux en pleine mer. Les techniques employées par les pirates aujourd'hui sont très similaires à celles enseignées par HartGroup.

D'autres sociétés étaient alors présentes et dispensaient leurs enseignements. Le président d'HartGroup, Richard Bethell, dément donc avoir créé un problème et être à l'origine des incidents de ces dernières années: il n'éprouve aucune culpabilité. «Je n'accepte pas que certains disent que nous sommes la cause du problème. (...) Il n'y a aucun problème d'éthique, nous faisions ce qu'il était juste de faire à l'époque».

Un homme interviewé par Al-Jazeera, Mohammed Hersi, explique toutefois que les qualifications acquises auprès de HartGroup l'ont aidé à détourner des bateaux. Il a été formé chez HartGroup de 1999 à 2001, et s'est reconverti dans la piraterie aussitôt après. «J'avais déjà été entraîné par l'armée du Puntland, mais Hart m'a appris à nager et à contrôler la sécurité des bateaux. Le groupe ne m'a pas nécessairement donné plus de qualifications comme pirate, mais il m'a donné une culture de la mer et m'a permis de comprendre la navigation. Des aptitudes que j'ai transmises à d'autres.»

Le reportage d'Al-Jazeera rappelle que les sociétés impliquées peuvent désormais espérer gagner jusqu'à un million de dollars en étant employées pour intervenir dans des affaires de prises d'otages. Certaines sociétés font ainsi payer une assurance kidnapping à 60.000 dollars, si la prise d'otage survient, un négociateur est engagé qui peut demander 250.000 dollars; des avocats demandent 1000 dollars de l'heure. Mais HartGroup refuse de s'en mêler, voyant, là, un problème d'éthique.

[Voir la vidéo sur Al Jazeera]

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