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L'éthique, un argument de vente (et de déculpabilisation) pour le porno?

Bath porn. / fnogues via Flickr CC License By

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Dans de nombreux secteurs, le consommateur occidental est de plus en plus tiraillé entre son envie de céder à son désir d’achat et la culpabilité associée aux conditions de production de ce qu’il consomme. C’est vrai pour les marchandises qui ont leurs labels bio, éthique, issu du commerce équitable, etc., mais c’est aussi vrai pour la pornographie, explique le City Lab, dont certains producteurs tentent depuis quelques années de mettre en avant les préoccupations éthiques lors des tournages et, plus généralement, le respect des conditions de travail légales.

Emblématique de ce mouvement, Tristan Taormino, une «réalisatrice porno féministe, éducatrice sexuelle et activiste» qui a signé une série de films dans lesquels les acteurs sont livrés à eux-mêmes comme dans une émission de téléréalité, n’ont pas de planning ni de scénario imposés, choisissent leurs partenaires, leurs positions sexuelles et racontent cette expérience de travail dans des interviews.

Ces nouveaux pornographes éthiques se recrutent essentiellement dans la sphère militante féministe (dite pro-sexe), explique le City Lab, bien que selon Tristan Taormino, opposer porno mainstream et porno indépendant et féministe puisse être réducteur: les premiers font du respect des conditions et du bien-être au travail une mission explicite, mais certains studios grand public ne sont pas moins respectueux, affirme-t-elle. De même selon l’actrice Jyz Lee, une actrice «gender porn» qui travaille avec Pink and White Productions, autre boîte de production de cette nouvelle vague créée par Shine Louise Houston et qui se spécialise dans la sexualité queer, la distinction entre le bon et le mauvais porno a ses limites:

«Il y a beaucoup de frustration autour de cette expression à la mode de “porno éthique” parce que l’hypothèse de départ est que seules les entreprises qui prétendent que leur travail est éthique travaillent de manière éthique.»

Et si on souhaite vraiment consommer du porno plus éthique, respectueux et responsable, la solution, affirment les actrices, est connue et elle s’appelle la carte bleue.

 «Il y a toute une génération de gens qui pensent que le porno est gratuit et qu’il en a toujours été ainsi», regrette Tristan Taormino:

«Si vous voulez plus de porno, en particulier fait par des gens dont vous aimez vraiment le travail, vous devez payer pour ça. Parce que si vous ne le faites pas, ils ne pourront pas en réaliser plus.»

En janvier 2015, le Daily Dot énumérait dans un article quelques règles simples pour s'assurer de regarder du porno créé dans de bonnes conditions et tourné sans contraintes. Il faut, écrivait l'auteur, s'en tenir aux grands studios, qui n'emploient que des stars du X, ce qui joue nécessairement sur le pouvoir de négociation des actrices et acteurs lors des tournages. De même, préférer les actrices ayant une réputation installée sur Internet pour s'assurer qu'elles travaillent sans contrainte. Enfin, s'abonner directement sur leurs sites et... payer!

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