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Nulle en politique étrangère, trop féministe, pas assez féministe: Hillary Clinton attaquée de toutes parts

Hillary Clinton, le 15 avril 2015. REUTERS/ Rick Wilking

Hillary Clinton, le 15 avril 2015. REUTERS/ Rick Wilking

Les critiques contre la démocrate, récurrentes depuis trente ans, se déchaînent depuis l'annonce de sa candidature.

«Larry Darrell Upright est mort le 13 avril (…) La famille vous demande, respectueusement, de ne pas voter pour Hillary Clinton en 2016.» Les derniers mots de sa nécrologie ont assuré à Larry Upright, citoyen américain de Caroline du nord, une notoriété posthume. De nombreux médias, comme Vocativ, ont relayé ce message de défiance par-delà la mort envers Hillary Clinton, candidate à l’investiture démocrate pour les élections de 2016.

Surprenant? Pas vraiment, tant l’ex-sénatrice et ex-First Lady a accumulé contre elle critiques et rancunes tenaces depuis trente ans.

Simon Mercer, sur Medium, ne recense pas moins de sept «choses à savoir sur Hillary Clinton», qui sont autant de raisons de ne pas lui apporter son suffrage. L’idée est de convaincre de son cynisme à toute épreuve, de son incompétence crasse en matière internationale lorsqu’elle fut secrétaire d’Etat des Etats-Unis (le drame de l'ambassade américaine à Benghazi et l'évolution de sa position face à la guerre en Irak pèsent lourd), de sa nullité en politique intérieure, de son implication dans de nombreux scandales financiers, et même qu’elle est une misogyne déguisée en féministe.

Si ces reproches se fondent sur des critères politiques, le «Hillary Bashing» a aussi des versants moins raffinés.

Depuis la fin des années 1970 et l’accession de Bill Clinton au poste de gouverneur de l’Arkansas, les détracteurs de son épouse n’hésitent pas aller sur les terrains du genre. Les conservateurs ne s’en sont pas lassés, visiblement. Des imaginations créatives assuraient par exemple que le couple Clinton préférait accrocher des pipes à crack que des boules ou des anges en plastique aux branches du sapin de Noël de la Maison blanche, rappelle The Atlantic.

Une chasse à la sorcière plus «pro»

En 1998, Hillary Clinton n’avait pas hésité à voir derrière les moqueries et les attaques contre elle et son mari une «vaste conspiration de la droite». Il se pourrait bien qu’elle commence à avoir raison aujourd’hui.

C’est en tout ce que suggèrent The Atlantic. Une dizaine d’institutions conservatrices se sont consacrées à travailler à la défaite d’Hillary Clinton, bien avant qu’elle ne lance officiellement sa course à la candidature. L’organisation America Rising dispose de moyens d’envergure pour poursuivre ce dessein: elle emploie cinquante personnes et dépêche, à chaque événement public d’Hillary Clinton, des envoyés chargés de filmer la femme politique avec leur smartphone afin de traquer la gaffe éventuelle. Il faut dire que ses déclarations à l’emporte-pièce ne lui rendent pas toujours service, notamment quand elle avait dit en juin 2014 que sa famille était sortie «complétement fauchée» de la Maison Blanche à la fin du second mandat de Bill Clinton.

The Daily Beast souligne cependant qu’elle n’est pas la première à se faire éreinter médiatiquement: Nancy Reagan et Eleanor Roosevelt bien avant elle avaient passé de sales quarts d’heure. Mais, dans le même article, l'historien Gil Troy estime qu’Hillary Clinton est en plus perçue par les conservateurs comme l’incarnation de leurs méfiances envers la génération issue des années 1960, des baby-boomers etc. La solution qu'il préconise est simple: Hillary Clinton doit s’inspirer des recettes qui lui avaient permis d’obtenir une légitimité au Sénat et défendre une cause capable de fédérer autour d’elle, plutôt que d’essayer sans cesse de laver sa réputation.

 

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