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Libérer celui qui avait tenté de tuer Reagan? L'idée divise aux Etats-Unis

Temps de lecture : 2 min

Un reportage d'ABC News sur la tentative d'assassinat de Ronald Reagan, le 30 mars 1981.

Il y a trente-quatre ans, le 30 mars 1981, John Hinckley Jr. tentait de tuer le président Ronald Reagan, fraîchement intronisé, blessant au passage deux policiers et un membre de son staff. Compte-tenu de son état mental, les jurés ne l'avaient pas jugé responsable des ses actes et il avait été interné à l'hôpital psychiatrique Saint Elizabeths de Washington. Autorisé depuis 2003 à sortir ponctuellement de l'établissement, John Hinckley Jr. passe aujourd'hui 17 jours par mois à Williamsburg, en Virginie, chez sa mère âgée de 89 ans. Ce mercredi 22 avril, le parquet va examiner la possibilité d'un départ définitif de l'hôpital. Mais sa réinsertion ne semble pas évidente tant les avis sont partagés face à cette éventualité, relève l'Associated Press.

En 1981, les psychiatres ont diagnostiqué dépressif, psychotique et atteint d'un désordre narcissique cet homme qui avait tenté de tuer le chef d'Etat américain pour séduire Jodie Foster, dont il était tombé amoureux après l'avoir vue jouer dans Taxi Driver de Martin Scorsese. Mais aujourd'hui, tous les experts notent que ses pathologies ont largement diminué au fil des décennies.

Cette observation ne convainc pas tout le monde dans la ville de Williamsburg où il vit déjà plus de la moitié de l'année. John Hinckley, qui approche les soixante ans, a rencontré de nombreuses difficultés d'intégration. Plusieurs associations ont même refusé sa candidature comme bénévole avant que la bibliothèque d'un établissement psychiatrique n'accepte de le prendre.

«Il suffit qu'il dérape une fois, il suffit d'une rechute de ce qui, dans son cerveau, l'avait poussé à faire ce qu'il a fait», assure à AP Joe Mann, qui vit dans le même quartier. John Hinckley Jr. est, de toutes façons, déjà très connu dans les environs. Un agent immobilier local montre ainsi systèmatiquement la maison où il réside aux potentiels nouveaux arrivants.

Il y a quelques mois, le Daily Express évoquait une autre opposante à la libération de John Hinckley: Nancy Reagan, la veuve de Ronald Reagan. «Vous pouvez imaginer comment se sent Nancy. Ronnie est mort, sa santé à elle est défaillante (...) mais Hinckley serait celui qui se balade dans les rues», s'énervait une source s'exprimant au nom de l'entourage de l'ancienne Première Dame.

John Hinckley déplorait il y a quelques années que son passé de meurtrier lui colle à la peau, car sa réputation l'empêche de montrer les tableaux qu'il peints depuis plusieurs années.

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