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«Capitalism is coming»: «Game of Thrones» est-il (aussi) un manuel d'économie?

Game of Thrones via Allociné

Game of Thrones via Allociné

Encore une fois, les clans de la série et sa terre de Westeros se prêtent à l’analyse économique.

Le succès de la série Game of Thrones (GoT) se mesure au moins autant par le nombre de téléchargements par épisode que par la quantité impressionnante de commentaires qu’elle a suscités et, plus encore, la manière dont elle semble se prêter à toutes les allégories.

Le monde des traders expliqué par Game of Thrones, la politique expliquée par Game of Thrones, le féminisme expliqué par Game of Thrones, cette trônedeferrologie atteint de tels niveaux que des satires lui sont désormais consacrées –comme ce générateur de titres d'articles sur GoT, qui sort des perles comme «On vous explique Barack Obama en 77 gifs tirés de Game of Thrones».

Dernier billet en date, celui de Jim Tankersley du Washington Post, qui vient s’ajouter à une branche des «Game of Thrones studies»: celle des études économiques qui prennent les clans de la série et sa terre de Westeros comme sujet d’analyse.

Saisons économiques

Les saisons de Game of Thrones, note l’auteur, et notamment ce fameux hiver qui doit venir, sont les cycles économiques de notre monde. Les étés sont des périodes de croissance et les hivers des récessions. Et, comme dans la série, ces hivers arrivent sans prévenir, nous laissant démunis et impréparés pour affronter les crises.

Alors que la grande récession s’est terminée, du moins aux États-Unis, dès juin 2009, il faut s’attendre à un nouvel hiver économique. Si nous étions des Stark, l'une des familles du royaume qui s'affrontent pour le trône, nous stockerions du bois en vue de l’hiver. Si nous étions des Lannister, nous dépenserions tout ce que nous pouvons pour retarder l’échéance.

Si nous étions des Stark, nous stockerions du bois pour l'hiver

Récemment, une autre analyse économique s’appuyant sur l’univers de GoT a été publiée dans le Guardian: Paul Mason y montre ce que Westeros a de commun avec l’histoire précoce du capitalisme. GoT, à l’instar de nombreuses sagas de médiéval fantastique, met en scène la crise d’un système féodal qui devient anachronique dans une économie qui évolue.

À Westeros, la dette flambe: si on applique l’analyse marxiste à la situation westerienne, il devient évident que les bourgeois, marchants et banquiers en tête, vont prendre le pouvoir sur les monarchies, dont les élites se vautrent dans le viol, le pillage, la violence arbitraire, la torture et le sexe sans voir que l'époque est désormais au droit des affaires, au respect de la propriété privée et au jeu du libre marché... Sauf si, dans les saisons 5 et 6, les Lannister trouvent une nouvelle terre à piller et de nouveaux ennemis à tuer ou à exploiter, nous rassure in fine l'auteur. 

(Bonus: en l'an 36 avant la première diffusion de GoT, les Monty Python filmaient dans Sacré Graal une scène anachronique dans laquelle des paysans anglais devisaient de lutte des classes et de commune autogérée devant un roi Arthur pris de court...)

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