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Pourquoi la police américaine tue, parce qu’on lui dit de le faire

A Ferguson, dans le Missouri, le 12 août 2014. REUTERS/Mario Anzuoni

A Ferguson, dans le Missouri, le 12 août 2014. REUTERS/Mario Anzuoni

Les meurtres commis aux Etats-Unis par des policiers, la plupart du temps de noirs et dans des circonstances particulièrement choquantes, ont attiré depuis plusieurs mois une attention sans précédent dans les médias et l’opinion publique.  Il ne se passe plus une semaine sans qu’une nouvelle affaire similaire éclate dans le Missouri, à New York, en Californie, dans l’Oklahoma, en Caroline du sud...

Reason Magazine a essayé de comprendre, au-delà du racisme et du sentiment d’impunité, ce qui explique ce comportement des forces de l’ordre que l’on retrouve à l’identique un peu partout sur le territoire américain…  «Même si les données sur les meurtres commis par la police sont incomplètes parce qu’elles dépendent largement de rapports de la police, les données existantes montrent qu’ils augmentent même si les crimes violents et les assassinats de policiers sont en baisse. Plus de 1 000 personnes ont été ainsi été tuées aux Etats-Unis en 2014 par la police.»

Pour Reason, le mal est profond et ne peut se combattre uniquement par des moyens purement techniques comme les caméras portées en permanence par les policiers ou en limitant l’influence des syndicats sur les sanctions contre les policiers qui se comportent mal. Le magazine américain considère que le principal problème vient de l’incitation politique, des maires, des autorités locales, des gouverneurs… au recours à la violence par les forces de l’ordre. Les pouvoirs publics «refusent de reconnaître que l’application extrêmement stricte de lois souvent ridicules sur la vente de cigarettes ou la consommation de drogues légères dont sont victimes disproportionnellement les pauvres et les minorités contribue à la série de violences policières…».

Le site The Atlantic, qui sur l’échiquier politique se situe plutôt à gauche alors que Reason est plutôt à droite et libertaire, a pourtant une analyse très proche. «Le vrai problème est la croyance que nos problèmes de société peuvent être résolus par la force», écrit The Atlantic. «A un moment donné les Américains ont décidé que la meilleure réponse à chaque problème social se trouve dans le système de justice criminelle. Les problèmes des sans-abris, de la drogue, de l’incapacité d’élever des enfants, de maladies mentales sont aujourd’hui réglés en envoyant des hommes et des femmes dont le métier est d’inspirer la crainte et de s’assurer de la conformité des comportements», ajoute le magazine.

Pour Reason, bon nombre d’incidents et de drames provenant de la confrontation entre la police et les citoyens ne sont pas seulement le fait du mauvais comportement de certains membres des forces de l’ordre mais avant tout des décisions prises par les dirigeants politiques sous la pression de la majorité des citoyens. «Les policiers ont été transformés de gardiens de la paix en une force militarisée déployée par des gouvernements démocratiques pour faire appliquer des lois démocratiques qui criminalisent des comportements anodins…». 

Reason conclut en soulignant que la composante raciste est indéniable dans le comportement des policiers américains et que les noirs sont plus particulièrement les victimes. Pour autant, les policiers tuent aussi un nombre important des blancs, plus important que les noirs mais moindre en proportion de la population. Et les premières victimes en pourcentage de la population, sont les indiens… Une vieille histoire.

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