Les énergies fossiles ont perdu la bataille contre les renouvelables

Photo modifiée à partir de : AKW Grohnde de ★ Malte Schmidt ★, sur Flickr

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La course aux énergies renouvelables pour limiter le réchauffement climatique vient de franchir une étape décisive. Le monde ajoute maintenant chaque année plus de capacités de production provenant d’énergies renouvelables que d’énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole). Et il n’y aura plus de retour en arrière explique l’agence Bloomberg.

Le virage décisif s’est en fait déjà produit, en 2013, quand le monde s’est doté de 143 gigawatts supplémentaires de capacités de production d’électricité provenant de sources renouvelables et de 141 gigawatts de nouvelles centrales utilisant des énergies fossiles. Selon les conclusions du sommet annuel de Bloomberg sur l’avenir de l’énergie qui s’est tenu des 13 au 15 avril 2015, ce basculement va s’accélérer et d’ici 2030 plus de quatre fois plus de capacités en énergies renouvelables que de capacités en énergies fossiles seront installées.

Le prix de l’électricité produite à partir du vent et du soleil continue à baisser et est aujourd’hui équivalent ou même inférieur dans plusieurs régions du monde à celui provenant de centrales thermiques classiques.

L’énergie solaire, la plus récente source d’électricité, représente moins de 1% de la production d’électricité dans le monde aujourd’hui mais elle en sera la part la plus importante en 2050 selon l’Agence internationale de l’énergie.

«La question n’est plus de savoir si la transition dans le monde vers une énergie plus propre se fera, mais en combien de temps elle se fera» affirme Bloomberg.

Pourtant dans le même temps, consciente du basculement en cours, l’Arabie Saoudite cherche de son côté et par tous les moyens à prolonger l’âge du pétrole. La baisse de 50% des prix du baril depuis 10 mois est en grande partie liée à cette stratégie qu’explique également l’Agence Bloomberg.

Les dirigeants saoudiens s’inquiètent depuis des années des conséquences pour leur économie et leurs revenus du changement climatique et de ces conséquences et des prix élevés du pétrole. Deux facteurs qui accélèrent les changements de comportement des consommateurs et des producteurs d’énergie, notamment dans les pays développés. La crainte saoudienne aujourd’hui est de voir «la demande atteindre son maximum bien avant la production».

Si la croissance de la consommation de pétrole dans le monde ralentit rapidement, la transition sera d’autant plus difficile pour les producteurs en général et l’Arabie Saoudite, le premier d’entre eux, en particulier.

Lors d’un discours prononcé la semaine dernière à Ryad, le ministre saoudien du pétrole Ali al-Naimi a été particulièrement clair: «ceux qui cherchent à obtenir un accord international pour limiter la consommation d’énergies fossiles vont affecter les intérêts à long terme des producteurs de pétrole».

Des dépêches secrètes du Département d’Etat américain révélées par WikiLeaks montrent que les Saoudiens ont depuis au moins une décennie pour stratégie de maintenir coûte que coûte la dépendance mondiale pour le pétrole.

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