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Les parents d’un garçon mort pendant les attentats de Boston ne veulent pas de la peine de mort pour Tsarnaev

Temps de lecture : 2 min

La famille Richard a fait savoir dans la presse qu’elle ne supporterait pas de voir l’affaire s’éterniser au tribunal.

Mémorial dédié aux victimes des attentats, le 6 janvier 2015. REUTERS/Brian Snyder
Mémorial dédié aux victimes des attentats, le 6 janvier 2015. REUTERS/Brian Snyder

Le 15 avril 2013, Bill et Denise Richard emmènent leurs enfants au marathon de Boston. Ce jour-là, Martin, leur fils âgé de 8 ans meurt dans l’explosion provoquée par les frères Tsarnaev. Sa sœur de 7 ans est grièvement blessée. Deux ans plus tard, Djokhar, l’un des deux frères, le seul encore en vie, est reconnu coupable de 30 chefs d’accusation, dont 17 qui pourraient lui valoir la peine de mort.

Début mars, lors du procès, Bill Richard avait tenu à raconter les derniers instants de son fils, la plus jeune victime des attentats, comme le rapporte le New York Daily News. Après la seconde explosion, il l'avait retrouvé près de sa fille, qui ne pouvait plus se tenir debout et qui criait le nom de son frère. Martin Richard décèdera quelques instants plus tard.

Aujourd’hui, cette famille a décidé de prendre la parole dans les colonnes du Boston Globe pour demander au département de la Justice de conclure au plus vite un accord avec Djokhar Tsarnaev pour en finir avec cette tragédie.

«Nous ne comprenons que trop bien l’atrocité et la brutalité des crimes commis. Nous étions là. L’accusé a tué notre fils de 8 ans, mutilé notre fille de 7 ans, et a volé une partie de notre âme.»

Mais contrairement à ce que le gouvernement souhaiterait, les Richard sont prêts à laisser tomber la possibilité de la peine de mort.

«Nous serions d’accord si le département de Justice enlevait la possibilité de la peine de mort, si en échange le défendant passe le reste de sa vie en prison sans possibilité d’être relâché ou de faire appel.»

Au cœur de leurs arguments, la volonté d’en finir avec une procédure qui pourrait s’éterniser si la peine de mort reste sur la table, et de reprendre une vie aussi normale que possible.

«Nous honorons ceux qui sont morts et souhaitons tout le courage nécessaire à ceux qui ont été blessés. Nous pensons qu’il est temps de tourner la page, de mettre fin à l’angoisse et de chercher un avenir meilleur, pour nous, pour Boston, et pour le pays.»

Les Richard ne sont pas les premiers à parler publiquement pour exprimer leur désarroi lors de ce procès.

Nous vous parlions il y a quelques semaines de Rebekah Gregory, qui a perdu une jambe lors de l’attentat. Dans un message publié sur son compte Facebook et qu’elle adresse à Djokhar Tsarnaev, elle aussi a voulu faire savoir qu’elle allait continuer à avancer dans la vie, sans regarder derrière elle.

«Donc maintenant… pendant que tu es assis dans ton confinement solitaire, attendant le verdict de ta vie, je vais apprécier tout ce que ce monde a de beau à offrir. Et devine quoi? Je le ferai sans peur… de toi. Parce que maintenant tu n’es personne, et ta défaite est officielle. Donc ça craint vraiment pour toi mec, j’espère vraiment que ça valait le coup.»

La suite du procès Tsarnaev se tiendra à partir du 21 avril. La défense estime que Djokhar n’a fait que suivre l’idéologie de son frère aîné, qui l’aurait incité à le suivre, mais les procureurs vont sûrement retenir l’idée selon laquelle les frères auraient eu une volonté de «punir» les Etats-Unis pour leurs interventions dans les pays musulmans.

Slate.fr

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