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Le nouveau clip de Rihanna, une prise de position puissante sur l'immigration?

Le clip du nouveau single de Rihanna, American Oxygen, est disponible depuis jeudi 16 avril sur Youtube. Il montre Rihanna se déhanchant sensuellement devant le drapeau américain –scène entrecoupée d’images d’archives, de l’investiture du président Obama, du mouvement de contestation Occupy Wall Street, des Twin Towers, ou encore de l’enterrement de Martin Luther King.

Pitchfork considère la vidéo comme «politiquement chargée», Entertainement Weekly l’assimile à un «cours d’histoire», Spin la juge «patriotique».

Pour Quartz, qui va plus loin, le clip illustre une prise de position puissante sur l’immigration aux Etats-Unis:

«Si l’on s’en tient à ses paroles, American Oxygen est avant tout l’histoire d’un immigrant.»

Ou plutôt d’une immigrante. En effet Rihanna est originaire de La Barbade et n’est venue aux Etats-Unis que vers la fin de l’année 2003, après avoir été découverte par le producteur de musique Evan Rogers, souligne Quartz qui fait le parallèle entre son histoire et les paroles.

«Une jeune fille se précipitant de l’autre côté de l’océan. Tu peux être n’importe qui en Amérique, Amérique.»

Les images du clip ajoutent des nuances, continue Quartz, particulièrement celle de Rihanna portant un parachute.

«Exposée à des rafales de vents, elle inhale cet "oxygène américain". Le même air remplit le parachute derrière elle, et plus il gonfle, moins elle peut avancer. Elle tombe accroupie et tente de ramper au sol, essayant de battre le vent. Le message est clair: la vie d’un immigrant aux Etats-Unis est pleine de contradictions. Arriver aux Etats-Unis, illégalement ou avec un visa, en tant que cueilleur ou pop-star, représente un grand effort. Mais les nouveaux venus, pleins d’espoir, sont souvent confrontés à un intense rejet de la part de la société.»

Aisha Harris, dans un article sur le blog culture de Slate.com, donne une critique plus acerbe du clip de la pop-star. Il est le résultat, selon elle, d’une manœuvre (transparente) visant à rendre «inoubliable» un titre rasoir.  

Rihanna et son équipe, en utilisant des images d’archives (comme l’avait fait avant elle, mais de façon moins égocentrique, Michael Jackson pour le clip de Man in the Mirror) tantôt choquantes, tantôt aspirant l’admiration, cherchent à vendre une chanson peu mémorable, considère-t-elle.

«Avec une piètre production et des paroles caricaturales ("Tu peux être n’importe qui en Amérique, Amérique"), le morceau ressemble plus à un titre désinvolte placé à la fin d’un album, qu'à un single visant à être massivement diffusé à la radio.»

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