Monde

Google Books tente de convaincre l'Europe

Temps de lecture : 2 min

Pour certains éditeurs européens, Google, c'est le mal. Selon le Financial Times, le géant de Silicon Valley tente pourtant de les convaincre de ses bonnes intentions. La société essaie de concrétiser un projet titanesque: numériser l'ensemble des livres du monde. Google Books deviendrait ainsi la plus grande bibliothèque du monde. Le Financial Times souligne que cela représenterait une aubaine pour les chercheurs et les lecteurs internationaux, qui auraient accès à des textes précieux sans se déplacer, ainsi que pour les auteurs en recherche de notoriété.

Les détracteurs estiment que si le projet est d'intérêt général, la tâche serait de la compétence des institutions publiques. Se pose alors la question: qui va payer cette immense numérisation? Le FT précise que si Google se propose de le faire gratuitement, c'est évidemment pour dégager des bénéfices par la suite.

Le groupe californien, qui a commencé ce projet en 2004, a réussi à passer un accord quatre ans plus tard avec les éditeurs et auteurs américains pour scanner leurs livres, en leur reversant 125 millions de dollars (plus de 86 milions d'euros). En Europe, ce sont surtout les droits d'auteur qui posent soucis: la société américaine se trouve confrontée à un vrai casse tête législatif. Par exemple, il est impossible pour Google de numériser les oeuvres encore protégées par les droits d'auteur, alors que dans la plupart des pays européens, cette protection dure 70 ans après la mort de l'auteur. Mais parfois, les législations se chevauchent: ainsi un texte libre de droit en Allemagne pourrait être encore soumis aux droits d'auteur en France.

Surtout, la Commission européenne, qui doit délibérer dans les prochains jours sur la question, craint que Google, avec une base de données de quelques dizaines de millions de livres, monopolise encore une fois un marché qui pourrait être très rentable dans les années à venir. D'un autre côté, si la numérisation se limitait aux seuls textes américains, cela mettrait en danger la diffusion du patrimoine culturel européen. Ainsi, à Bruxelles on cherche de développer davantage Europeana, un projet de bibliothèque numérique lancé en novembre 2008, qui met en commun des ressources numériques des bibliothèques nationales des 25 États membres. Enfin, le Financial Times souligne le manque de transparence de Google, qui refuse de communiquer les dépenses engagées jusqu'à présent dans le projet.

[Lire l'article complet sur le Financial Times]

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Image de Une : des livres réquisitionnés par Google pour les scanner dans une bibliothèque de Austin, Texas. Flickr/Katie Solyent

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