Partager cet article

Le Google voulu par l'Union européenne pourrait ne pas plaire aux internautes

Le logo de Google | Robert Scoble via Flickr CC Licence by

Le logo de Google | Robert Scoble via Flickr CC Licence by

Des chroniqueurs soulignent que les utilisateurs du moteur de recherche ont déjà la possibilité d'aller voir ailleurs.

L'Union européenne défend-elle le consommateur en attaquant Google? Pour Leonid Bershidksy, éditorialiste pour Bloomberg, la réponse est clairement non. Mercredi 15 avril, Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, a décidé d'attaquer le géant américain pour infraction à la loi anti-trust.

«Je crains que l'entreprise n'ait injustement avantagé son propre service de comparaison de prix, en violation des règles de l'Union européenne en matière d'ententes et d'abus de position dominante», a déclaré la commissaire, reprise ici par Le Monde.

Pour la Commission, Google défavoriserait le consommateur en mettant en avant ses produits, issus de Google Shopping, pas nécessairement moins chers que ceux proposés par la concurrence.

Concurrents pas à la hauteur

Pour l'éditorialiste de Bloomberg, le problème n'est pas là. Les autres sites concurrents de Google ne sont juste pas à la hauteur. Pour étayer son argumentation, il utilise une proposition qu'avait faite le géant américain en 2013 pour répondre aux critiques formulées pas le Bureau européen des unions de consommateur. Cette proposition mettait côte à côte des résultats Google et d'autres moteurs de recherche (notamment Kelkoo ou Shopzilla), comme ci-dessous.

Pour voir l'intérêt d'ajouter des moteurs de recherche concurrents, l'éditoraliste choisit de tester Kelkoo et Shopzilla (ne trouvant pas le moteur de recherche Supaprice dans sa langue, l'allemand). Problème, les algorithmes de ceux-ci proposent des résultats beaucoup moins précis que ceux proposés par Google; voire les produits ne correspondent pas toujours au mot tapé dans le moteur de recherche. Même constat sur les pages françaises de ces sites (Kelkoo.fr ou shopzilla.fr) lorsqu'on cherche un barbecue alors que googleshopping.fr répond précisément à la recherche.

Tout simplement meilleur

Pour l'éditorialiste, Google est seulement meilleur que Bing, le moteur de recherche de Microsoft et son principal concurrent aux États-Unis, qui met moins en valeur ses produits sur sa page d'accueil. Même constat pour un éditorialiste des Échos: si Google possède un quasi-monopole sur Internet, avec 90% des parts de marché, c'est parce qu'il a su convaincre le consommateur qu'il était meilleur en innovant plus que ses concurrents.

L'utilisateur a d'ailleurs la possibilité d'aller voir ailleurs, comme le rappelle une note interne de l'entreprise américaine:

«La compétition est juste à un clic –et elle grandit. Les gens peuvent utiliser Bing, Yahoo, Quora, DuckDuckGo, et une nouvelle vague d'aide à la recherche comme le Siri d'Apple et le Cortana de Microsoft, tout comme des services plus spécialisés comme Amazon, Idealo, Le Guide, Expedia, ou eBay. En plus, l'augmentation du nombre d'utilisateurs de réseaux sociaux comme Facebook et Twitter permet de  trouver des informations ou suggestions –où manger ou quels films aller voir.»

La Commission européenne et le géant américain peuvent encore trouver une solution à l'amiable. Si tel n'est pas le cas, l'entreprise risque une amende de 6 milliards d'euros, soit 10% de son chiffre d'affaires en 2014.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte