Économie / Société

Le coût des habitants fantômes pour les villes

Temps de lecture : 2 min

Dans les grandes métropoles, se multiplient les appartements de luxe où personne n'habite à l'année. Ce qui impacte l'économie locale.

Vancouver's reaching for the sky / Eyesplash - What happened to winter via Flickr CC License By
Vancouver's reaching for the sky / Eyesplash - What happened to winter via Flickr CC License By

C’est un phénomène urbain lié à la concentration des richesses, à la mobilité des capitaux et des personnes, autrement dit à la mondialisation. Dans les grandes métropoles les plus dynamiques du globe, des appartements et des résidences de luxe fantômes se multiplient.

Personne n’y habite à l’année, car ces biens immobiliers haut de gamme ont été achetés par de riches propriétaires comme investissement de sécurité plutôt que pour servir de logement. Pour certains, un condo à Manhattan ou un appartement parisien est un signe de statut social, pour d’autres, une assurance dans un pays étranger au cas où leurs activités à la limite de la légalité seraient menacées. Enfin, dans une période où le cash pleut au point que leurs détenteurs ne savent où le placer, l’immobilier est un placement sage et rentable.

Coût pour l'économie locale

Selon Newsweek, qui consacre un article au phénomène, des responsables politiques commencent à prendre le sujet à bras le corps, conscients que l’investissement des super-riches dans l’immobilier a un coût pour l’économie locale. D’une part, ces acheteurs utilisent des niches ou des exemptions pour payer le moins de taxes possible sur leur logement. D’autre part, cette désertion a pour conséquence de réduire le «trafic piétonnier» dans un quartier, et donc le dynamisme commercial.

«Lorsqu’on transforme un immeuble existant avec beaucoup de petites unités peu chères pour les remplacer par de grands logements de luxe, nous nuisons au petit commerce parce qu’il y a moins de gens qui vivent dans le voisinage», explique Mason Gaffney, économiste spécialisé dans la fiscalité de l’immobilier.

De plus, la concentration de riches acheteurs qui ne vivent pas sur place réduit l’offre accessible aux habitants, qui doivent s’éloigner du lieu de leur travail, se qui nuit in fine aux entreprises, qui ont plus de mal à recruter des employés.

Le New York Times a publié en février une enquête très détaillée sur l’afflux d’argent étranger qui fond sur les résidences de luxe de New York. Entre 50 et 70% des appartements des tours de prestige sont achetés anonymement par des sociétés sans que les promoteurs ne se renseignent sur l’identité des véritables acheteurs.

Comme nous l’écrivions en 2014, les chiffres de l'Insee recueillis par l’agence Data Publica montrent que les logements vacants ou secondaires représentent 30% du total dans certains arrondissements parisiens (les plus chers).

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