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«Zero Trollerance», ou comment utiliser des bots pour répondre aux trolls sur Twitter

«Avec mon aide, même vous pouvez devenir un être humain décent.» Capture d'écran du site zerotrollerance.guru

«Avec mon aide, même vous pouvez devenir un être humain décent.» Capture d'écran du site zerotrollerance.guru

Comment faire pour se débarrasser d’un troll sur Twitter? Utiliser des bots pour leur rendre la pareille.

Le Telegraph raconte que cette solution est employée par un collectif d’art allemand, Peng! Collective, qui cible les internautes misogynes et les bombarde de messages automatisés lorsqu’ils publient des mots sexistes. Le groupe appelle cette technique «Zéro Trollérance».

Si un twitto poste l'un des termes misogynes répertoriés par le collectif (#feministsareugly, «feminazi», «stupid whore»…), un bot repère le tweet et enregistre le troll dans une base de données. Ensuite, une flotte de près de 100 bots lui envoie des messages. Le collectif affirme lister environ 3.000 utilisateurs par jour.

Comme tout ce qui ressemble à un spam est interdit par Twitter, ces bots sont rapidement fermés. La développeuse à l’origine de cette technique a donc décidé de séparer le bot qui compile les données des trolls sexistes de ceux qui attaquent les trolls. A chaque assaut,  les comptes des bots disparaissent et de nouveaux apparaissent.

En l’espace de 6 jours, les trolls reçoivent 6 vidéos faites pour leur permettre d'«éliminer leur troll intérieur» en passant par différentes étapes jusqu’à arriver au «Zéro Troll». Sur le site créé par le collectif pour l'occasion, on peut même lire les témoignages fictifs de trolls réformés comme @billytheknob53:

«Zéro Trollérance m’a donné une orientation morale. Je dois admettre que je trolle encore. Mais maintenant, je trolle les bonnes personnes: les chauvins.»

La partie «be a coach!» du site invite les internautes à rejoindre le mouvement. Le collectif explique que les personnes qui le souhaitent peuvent créer le compte d’un «Troll coach». Il suffit ensuite de leur en envoyer les codes d’accès par mail pour qu’ils en fassent un bot, ou le faire soi-même en suivant les instructions données sur le site.

 

Ce programme n’est bien sûr pas réellement destiné à réformer les trolls, mais plutôt à leur faire vivre ce qu’ils font subir aux autres: être moqué et traité avec condescendance. Une membre du collectif, qui a dit au Telegraph s'appeler Ada Stolz, a expliqué qu’elle était motivée parce que des femmes, des militants et des journalistes lui disaient sans cesse qu’ils étaient la cible de trolls à chaque fois qu’ils se connectaient. Elle ajoute:

«Je suppose que [les trolls] vont être en colère, mais ce ne sont pas les seuls à pouvoir s’amuser.»

Le but du Peng! Collective est de créer la surprise sur les médias, comme avec Zéro Trollérance, pour attirer l’attention sur des sujets importants. L’année dernière, le collectif a lancé un site appelé Google Nest, qui parodiait ce qu'ils appellaient la «politique de confidentialité laxiste» du géant de l'Internet.

Mais cette technique est-elle efficace? Ada Soltz reconnaît que les bots ne sont pas capables de discerner les nuances. «Seuls 80% de ceux qui utilisent nos termes de recherche le font de façon haineuse», a-t-elle expliqué en s’excusant auprès des autres personnes qui reçoivent les messages.

Alors que Dick Costolo, le PDG de Twitter, reconnaissait en février que le média était «nul pour faire face aux abus», comme le rapportait The Verge, les choses sont en train de changer. En mars 2015, The Verge évoquait la création par Twitter d'un «filtre qualité» pour permettre à ses utilisateurs certifiés d’échapper aux trolls. Cette mesure retire de la timeline des twittos célèbres les tweets contenant des menaces, des injures ou des spams.

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