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Un moteur de recherche ne devrait pas fonder son modèle sur la publicité estimaient... les fondateurs de Google

Larry Page en 2012 | REUTERS/Eduardo Munoz

Larry Page en 2012 | REUTERS/Eduardo Munoz

«Actuellement, le business model prédominant pour des moteurs de recherche commerciaux est la publicité. Les buts de la publicité ne sont pas toujours synonymes d'une recherche de qualité pour les utilisateurs.»

Cette phrase n'a pas été écrite par un opposant à Google mais par ses fondateurs, Sergueï Brin et Larry Page. Ce jeudi 16 avril, Books présente dans son fait du jour un document, intitulé The anatomy of a large-scale hypertextual web search engine (l'anatomie d'un moteur de recherche à grande échelle) publié par les deux hommes en 1998, alors qu'ils étaient encore étudiants à Stanford et qui présentait ce qui allait devenir l'une des plus grosses entreprises du web. Sa lecture, 17 ans plus tard, est édifiante.

Dans l'une des annexes, consacré à la publicité, ils reviennent sur le problème de sa pertinence dans les résultats de recherche. Brin et Page prennent plusieurs exemples pour illustrer le fait que comme l'indique Books, «pour la satisfaction de l’usager, il faut s’éloigner des modèles financés par la publicité et présenter un moteur de recherche "transparent", intégré au "domaine académique"».

Ils donnent comme exemple la recherche «cellular phone»: 

«Dans notre prototype, un des premiers résultats pour “téléphone portable” est “l'effet de l'usage du téléphone portable sur l'attention du conducteur”, une étude qui explique en détails les distractions et les risques associés à tenir une conversation au téléphone pendant que l'on conduit.(...) Il est évident qu'un moteur de recherches qui prend de l'argent pour montrer des publicités pour des téléphones portables aurait du mal à justifier cette page à ses annonceurs.»

Aujourd'hui, voici le résultat de la recherche «smartphone»:

Un autre passage fait référence à OpenText, un moteur de recherche qui vendait et trafiquait ainsi ses résultats de recherche:

«Ce type de parti pris est beaucoup plus insidieux que la publicité, parce que l'on ne sait pas clairement qui "mérite" d'être là et qui est prêt à payer pour être présent dans la liste. Ce business model a donné lieu à un tollé, et OpenText a cessé d'être un moteur de recherche viable. Mais des partis pris moins flagrants ont plus de chance d'être tolérés par le marché. Par exemple, un moteur de recherche pourrait ajouter un petit facteur à ses résultats de recherche pour des entreprises "amies" et s'arranger pour que ses compétiteurs arrivent plus loin. Ce type de parti pris est très difficile à détecter et pourrait avoir des effets significatifs sur le marché.»

Google a pourtant été récemment accusé de s'arranger pour faire remonter certains résultats plutôt que d'autres. Yelp en est ainsi persuadé. Dans le même genre, la Commission européenne n'apprécie pas vraiment que le moteur de recherche fasse remonter ses propres services avant ceux de ses concurrents, avant la recherche habituelle. Comme le résumait Cyril Brosset, de l’UFC-Que Choisir à l'AFP:

«Il ne faut pas que les gens croient que Google, c’est Internet: c’est un moyen d’accéder à certains contenus. Google fait son tri, et il n’est pas toujours neutre.»

Et pour ceux qui se posent la question, Brin et Page n'avaient rien dit pour vos données personnelles.

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