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Des infrastructures pré-incas pour résoudre le manque d’eau au Pérou

Amelia at Wari Spring / Amelia Wells via Flickr CC Licence By

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Pour pallier la sécheresse, la compagnie des eaux de Lima (Pérou) a décidé de réutiliser un système hydraulique pré-incas, rapporte la revue New Scientist. Lima est la plus grande ville en milieu désertique après Le Caire et récupère l’eau des rivières qui descendent des Andes pour s’irriguer. Avec le changement climatique, les glaciers qui les approvisionnaient ont fondu et les ressources en eau de Lima sont intermittentes au mieux, lorsque la sécheresse laisse place à la pluie. 

Selon le New Scientist, la compagnie des eaux compte faire revivre les amunas, des structures vieilles de 1.500 ans construites par le peuple pré-inca Huari. Ce peuple avait imaginé un système de conservation de l’eau complexe qui retenait l’eau descendant de la montagne pendant la saison des pluies au moyen de bassins et de canaux pour la faire remonter à la surface des semaines ou des mois plus tard.

Bert De Bièvre, un hydrologue de l’ONG Condesan derrière le projet, a expliqué au New Scientist:

«L’idée est de construire un décalage dans le système hydraulique, pour retarder le ruissellement des eaux pendant des semaines ou même des mois jusqu’à ce que l’on bénéficie d’approvisionnement en eau pendant la saison sèche.»

Pour lui, refaire les joints des canaux avec du ciment permettrait de les faire revivre.

Lima manque d’eau pendant 7 mois de l’année, mais le reste du temps les rivières qui traversent la ville causent régulièrement des inondations et des glissements de terrain. D’après une étude de Bert De Bièvre et Gena Gammie, une spécialiste de l’ONG Forest Trends, rendre opérationnels 50 amunas suffirait à augmenter les ressources en eau de 26 millions de mètres cube et réduire le déficit en eau jusqu’à 60% pendant la saison sèche. 

Gena Gammie a expliqué à Environment & Energy News que, pour approvisionner en eau les 9 millions d’habitants à longueur d’année, le problème est «vraiment le facteur temps». Selon Forest Trends, Lima fait face à un déficit de près de 43 millions de mètres cube d’eau chaque année.

L’idée de réutiliser une technologie ancienne a déjà été évoquée en Inde, comme le rapportait Quartz en mars. Un habitant de l’Uttar Pradesh, Rajendra Singh, a construit des johads, des barrages en terre traditionnels datant de 1.500 ans avant Jésus-Christ, pour approvisionner en eau plus de 1.000 villages du Rajasthan. Il a reçu le Stockholm Water Prize 2015, une sorte de prix Nobel de l’eau.

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