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L'histoire mystérieuse des faux journaux intimes de Mussolini

Adolf Hitler and Benito Mussolini in Munich, Germany Marion Doss via Flickr CC License by

Adolf Hitler and Benito Mussolini in Munich, Germany Marion Doss via Flickr CC License by

A l’aube du 70e anniversaire de la mort de Mussolini, décédé le 28 avril 1945, le journaliste Clive Irving revient dans un article du Daily Beast sur un épisode marquant de sa carrière: comment en 1967 il a cru avoir découvert les journaux intimes du dictateur. Des journaux qui se sont révélés être des faux.

Clive Irving explique qu’après la mort du Duce, les services de sécurité britanniques et allemands ont tenté de mettre la main sur ses archives personnelles, dont ses journaux intimes.

«Le dictateur était de son vivant insomniaque et écrivait soi-disant pendant la nuit dans ses journaux intimes, retranscrivant par exemple les détails précis de ses rencontres avec Hitler.»

Des documents demeurés introuvables jusqu’à ce qu’en 1967 Clive Irving rencontre Charles Kean, un homme qui disait savoir que deux femmes en Italie étaient en possession de certains de ces livres.

Deux reporters du Sunday Times, partis sur place à la demande de Clive Irving, revinrent persuadés que les journaux étaient authentiques.

Denis Hamilton, alors rédacteur en chef du Sunday Times, décida de financer des recherches plus approfondies. Très rapidement l’un des historiens assignés à la tâche souligna qu’à aucun moment Clara Petacci, la maîtresse de Mussolini, n’était mentionnée, ce qu’il trouvait étrange car le dictateur «la voyait tous les jours».

Clive Irving rencontra aussi à deux reprises Vittorio, fils de Mussolini, qui était très peu persuadé de l'authenticité des journaux.

«Il était difficile de juger si c’était parce que Vittorio en avait marre de vivre dans l’ombre de son père ou s’il avait vraiment trouvé les journaux peu convaincants.»

Il s'avéra que les deux femmes en leur possession avaient auparavant été accusées d’avoir falsifié des retranscriptions de discours de Mussolini.

«Leur capacité à copier l’écriture de Mussolini était troublante.»

«Etonnamment, une année d’étude par des experts n’avait pas permis d’exposer la fraude», relate Clive Irving. A première vue, rien ne prouvait que les journaux intimes avaient été falsifiés, le papier et l'encre ayant notamment été datés par des experts.

Depuis cette expérience, Clive Irving explique avoir toujours considéré que «l’aspect le plus délicat du journalisme est d’atteindre le juste équilibre entre le scepticisme et la crédulité»:

«Si vous êtes trop sceptique vous pouvez parfois refuser une histoire qui se révèle être vraie, et si vous êtes trop crédule vous vous retrouvez avec les journaux intimes de Mussolini.»

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