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Les personnes qui ont peur de mourir donnent plus facilement et sont plus heureuses de le faire

De l'argent en main par 401(K)2012 Licence by

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Mais elles donneraient d’abord aux personnes proches d’elles socialement

Harpagon, l'Avare de Molière, n'aurait sûrement pas compris cette étude, lui qui préférait mourir que de perdre son argent. D'après une équipe d'anthropologues américains et polonais, la peur de mourir nous pousserait à être plus généreux.

Le site Pacific Standard rapporte les détails de l'expérience: les chercheurs ont d'abord fait remplir un questionnaire à un groupe d'étudiants afin de juger lesquels étaient plus, ou moins effrayés par l'idée de mourir. Cela fait, ils ont ensuite donné une somme d'argent aux cobayes et les ont mis en face de deux enveloppes intitulés «Moi» –leur étant adressée– et «joueur deux» –un anonyme. Les personnes particulièrement angoissées face à la mort ont davantage donné que leurs collègues à l'autre personne. Elles ont également trouvé un  plaisir supérieur aux autres à donner.

Dans leur étude reprise par Pacific Standard, les anthropologues mettent en avant la satisfaction symbolique que donne l'acte de donner face à la crainte de mourir:

«Agir de façon pro-sociale [c'est-à-dire, en aidant les individus] face à la peur de mourir apaise effectivement la peur de mourir et la transforme en une satisfaction psychologique.»

Une générosité qui touche surtout les personnes proches socialement

Catalyseur social, cette générosité serait cependant quelque peu sélective, si l'on croit une étude datant de 2002 reprise par Pacific Standard. Un groupe de chercheurs, travaillant sur «l'effet grippe-sou» (The Scrooge effect), avait montré que les personnes craignant la mort donnent plus aux organismes proches d'elles socialement. Exemple: l'équipe de l'Université du Colorado insistait sur le fait que les Américains donneraient plus facilement à une organisation caritative américaine qu'à une organisation internationale.

La crainte de mourir est également un moteur de consommation, si l'on croit une autre étude parue en septembre 2014 et également reprise à l'époque par Pacific Standard. Loin de pousser à l'ascétisme ou à l'isolement, la théorie de la gestion de la peur, dans laquelle s'inscrivent ces différentes études, met l'accent sur la stimulation qu'entraînerait chez les individus la peur de mourir.

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