Partager cet article

Hillary Clinton a raison de mettre en avant le fait qu'elle est une femme

Hillary Clinton, à New York, le 3 novembre 2014. REUTERS/Carlo Allegri

Hillary Clinton, à New York, le 3 novembre 2014. REUTERS/Carlo Allegri

Voici cinq raisons qui peuvent la pousser à jouer la carte du genre.

En 2007, lors des primaires pour les élections du Parti démocrate, Hillary Clinton avait mis en valeur son côté autoritaire, presque viril. «Je ne concours pas parce que je suis une femme, mais parce que je pense être la personne la plus qualifiée et expérimentée pour être présidente», avait-elle déclaré le 5 mars 2007 en Iowa. 

Huit ans plus tard, la stratégie a changé. La candidate veut se donner une image de «grand-mère» attentive, proche des électeurs. Voici cinq arguments pouvant la pousser à continuer dans cette voie.

Le contraire ne lui a pas réussi en 2008

Dans Libération, Dianne Bystrom, directrice du Centre pour les femmes et la politique à l'université d'Iowa souligne que la stratégie très «autoritaire» de Clinton en 2008 avait joué en sa défaveur.

«Elle a fait une erreur à l'époque en voulant montrer à quel point elle était forte. En réalité, les gens avaient déjà cette image d'elle. Et ils ont fini par la trouver beaucoup plus forte que Barack Obama, mais beaucoup moins attentionnée.»

Obnubilée par sa volonté de se détacher de son mari Bill, Hillary Clinton avait perdu un fort capital sympathie auprès des Américains. En se présentant volontiers comme une «grand-mère» attentive, la candidate s'attelle à changer son image.

Les inégalités hommes-femmes sont un argument de campagne

Les inégalités hommes-femmes persistent aux Etats-Unis. D'après différentes études (par ailleurs critiquées par le Washington Post leur reprochant de ne pas prendre en compte la part de femmes choisissant d'arrêter de travailler) quand un homme gagne un dollar aux Etats-Unis, une femme gagne en moyenne 78 cents.

En reprenant cette argumentation, Hillary Clinton met la question des inégalités hommes-femmes au cœur du débat, comme le signale Wired. Un débat dans lequel la candidate peut être en position de force.

Les droits des femmes sont au cœur de l'actualité américaine

Pour l'éditorialiste du Guardian Jessica Valenti, la société a changé depuis 2008: le féminisme serait partout. Elle évoque une conversation avec Stephanie Schriock, la présidente de la liste EMILY, un comité d'action politique ayant pour but d'aider à l'élection de femmes favorables au droit à l'avortement:

«Il y a eu un réel changement en termes de direction, avoir des femmes candidates est désormais classique dans le Parti démocrate; la question du droit des femmes est au cœur des préoccupations et celle-ci est reprise par les médias.»

Les hommes se sont toujours servi de leur image

Les hommes qui parfois lui reprochent de vouloir jouer la carte du genre, comme l'a fait son ancien concurrent au Sénat Rick Lazio, l'ont toujours joué. Seulement, ils ne le reconnaissent pas. Pour le Guardian, les candidats ont toujours mis en scène leur virilité, comme Ronald Reagan, prêt à se battre contre un ours pour protéger l'Amérique.

Elle peut incarner un symbole

Barack Obama fut le premier Président noir des Etats-Unis, Hillary Clinton pourrait devenir sa première présidente. Après 43 hommes présidents des Etats-Unis, l'arrivée d'une femme à la Maison Blanche est un moment historique, pour le Guardian, et l'occasion de voir des candidats dans d'autres postures que dans celle de l'homme fort, avec son fusil et son chapeau de cow-boy.
 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte