Égalités

Les hommes rejettent plus l'étiquette «masculin» que les femmes l'étiquette «féminin»

Temps de lecture : 2 min

Hishersmine / Charlie Vinz via Flickr CC Licence By
Hishersmine / Charlie Vinz via Flickr CC Licence By

Vox a publié une série de résultats venant de son sondage sur les attitudes américaines à propos du sexisme et du droit à l’avortement. Le 9 avril, German Lopez a posté un article sur l’une des questions les plus originales du sondage, qui est «A quel point pensez-vous être masculin/féminin ?». Environ 15% des personnes interrogées ont dit qu’elles ne se sentaient pas particulièrement masculines ou féminines.

Mais voici le résultat qui m’a vraiment surprise: les hommes sont plus susceptibles de rejeter le terme «masculin» que les femmes de rejeter le terme «féminin». German Lopez rapporte:

«Les hommes ont plus de chance de rejeter les notions traditionnellement attribuées par la société à leur sexe. A peine un homme sur cinq se sont dit très masculins, et une femme sur cinq s’identifiait comme étant très féminine. Mais 25% des hommes ne se sont pas identifiés comme plus masculins, alors que 20% des femmes n’ont pas dit qu’elles étaient plus féminines.»

En termes de rôle de genre, les choses semblent changer plus vite pour les femmes que pour les hommes. Nous vivons à une époque où même les femmes qui rejettent l’étiquette «féministe» embrassent quand même nombre de valeurs fondamentales du féminisme, comme permettre à la femme d’accéder à la sphère publique et autonomiser les femmes pour qu’elles prennent soin d’elles-mêmes.

La féminité traditionnelle c'est, pour être franche, être impuissante et dépendante, et les Américaines modernes aiment se voir comme étant fortes et compétentes.

Mais les hommes ne fuient pas leurs rôles traditionnels aussi rapidement, et dans certains cas –comme lorsqu’il s’agit d’être ambitieux ou indépendants– ils n’ont pas de raison de le faire.

Peut-être est-ce exactement la raison de ces résultats. Alors que les femmes se libèrent de beaucoup de contraintes traditionnelles dues à leur genre, peut-être que le mot «féminin» est en train de changer. Je suspecte de nombreuses femmes qui se sont identifiées à ce mot d’avoir pensé à une définition de la féminité plus proche de Run the World (Girls) de Beyoncé que de I feel pretty. Mais comme la masculinité n’est pas autant débattue et interrogée en tant que concept, elle persiste, inflexible, comme un stéréotype cro-magnonesque dans lequel beaucoup d’hommes ne se reconnaissent pas, ce qui est compréhensible.

Amanda Marcotte Journaliste

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